Partagez | 
 

 PV ✿ Tu aimes tes filles incertaines

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

Invité
Invité

MessageSujet: PV ✿ Tu aimes tes filles incertaines   Mer 8 Fév - 13:10

La nuit avait été violente. Jamais Thomas n'avait autant étreint une femme. Il croyait encore sentir ses mains fines sur ses épaules larges. Les cris n'avaient jamais été aussi heureux et pressants. Les vagues de leurs corps avaient été acharnées, s'entre-tuant entre elles. Le quadragénaire soupira longuement, un léger sourire sur les lèvres. Les draps étaient défaits et trempés.
Il avait rencontré Evelyn un soir, dans le métro, alors que le wagon était vide. Il était très tard, Thomas avait eu du mal à garder les yeux ouverts quand soudain, un pied raffiné était venu flatter sa cheville. Ils s'étaient regardé tous les deux, longuement. Il n'avait jusqu'alors pas remarqué qu'elle était installé en face de lui. Ils ne souriaient pas, une certaine mélancolie voilant leur regard. Plus tard dans la soirée, leurs deux corps nus s'étaient embrassés.
Depuis cette nuit, Thomas revoyait souvent Evelyn. Elle lui parlait beaucoup pendant que lui se taisait. Ca n'avait pas eu l'air de la déranger, au contraire. Il était parfois plus facile de se confier aux inconnus. Thomas savait, bien qu'elle ne le connaisse pas, qu'il avait pris une place dans sa vie. Ils se revoyaient le samedi soir, elle lui racontait sa semaine, parfois sa vie, puis après peut-être, ils allaient s'aimer un peu.
Evelyn pour Thomas, n'était pas grand-chose il fallait l'avouer. Il n'était pas amoureux, il ne savait même pas s'il pouvait la considérer comme une amie. Juste une connaissance. Elle pouvait disparaitre de sa vie, il n'en souffrirait pas.

Il ouvrit les yeux sur sa vie. Il était arrivé à Londres il y a trois mois. 4 semaines plus tard il revoyait son neveu Ambroise, envoyé à la capitale par ses parents. Il y en a 8, il rencontrait Evelyn, 9 et c'est Beth dont il fit la connaissance, en fin de semaine alors qu'à son début il franchissait le pas du misérable siège de Critical. Il était arrivé avec un lourd bagage qu'il avait bien décidé d'envoyer balader dans la Tamise. Un lourd bagage qui le rendait malheureux. Il s'était allégé, il aimait croire que son passé n'avait plus autant d'importance. Mais peut-être apprenait-il simplement à vivre avec. Il ferma les yeux, dès la semaine prochaine, il prendra rendez-vous chez un psychologue. Il ne se croyait pas fou, loin de là, mais il fera comme Evelyn : il se confiera à un inconnu. Sauf qu'il ne couchera pas avec.

Il soupira une deuxième fois et se leva, tournant le dos à ses malheurs. Il était venu à Londres pour ça. La maison était silencieuse, Evelyn était partie. Il ne la retrouvait jamais profondément endormie dans ses bras au réveil. Il ne lui avait pas demandé pourquoi. Il n'en voyait pas l'intérêt. Evelyn n'avait pas d'importance à ses yeux, aussi n'agissait-il que par intérêt. Cependant, il n'était pas ignoble non plus avec elle. Thomas était un homme poli et sensible. Il ne faisait pas subir aux autres ce qu'il ne voudrait pas vivre. Sauf s'il pouvait en tirer profit.
Il quitta la chambre et traversa le salon, sans habits, sans gêne. Quand il était chez quelqu'un mais qu'il n'y avait personne, il agissait comme chez lui. En passant, il remarqua qu'une table avait été balayée et que des objets étaient tombés sur le sol. Il se souvint alors de sa soirée d'hier. Il avait bien sûr retrouvé Evelyn, à un bar. Il l'avait vu boire comme un trou. Evelyn n'était pas malheureuse, juste un peu mélancolique. Boire ne signifiait pas forcément qu'on avait un malheur à y noyer. Elle lui avait susurré quelques mots et s'était rapproché. Cette nuit, ils n'avaient pas voulu de tendresse. Ils n'avaient été que deux bêtes, deux humains qui se souviennent qu'à l'origine, ils n'étaient que des animaux doués d'une intelligence plus développée que les autres. Ils l'avaient fait sur la table, puis contre un mur et enfin au lit. Ils s'étaient entre-déchirés, se dévorant plus que s'embrassant. Thomas pouvait câlin, affectueux, mais cette nuit il n'en avait pas eu envie, négligeant peut-être un peu les préliminaires.

Il ramassa les quelques affaires tombées et il les disposa de manière ordonnée même s'il ne savait pas du tout comment elles étaient au départ. Quand Thomas venait, il ne faisait guère attention à la décoration. Il vit le regard pétillant d'un jeune homme avec une soyeuse critère, souriant sur une photo. Thomas savait qu'elle avait deux enfants. Il connaissait leur nom : Kelly 16 ans et Mathias, dont il avait oublié l'âge mais qui était assez grand pour vivre seul. Il n'avait jamais rencontré l'un d'eux. Il n'en avait pas envie non plus, c'aurait été compliqué. Il n'avait pas envie de faire mal aux enfants. Il ne savait pas vraiment s'ils savaient que leur mère fréquentait de nouveau un homme, il ne savait pas non plus s'il y avait eu quelqu'un avant lui. Mais il s'en fichait et n'y portait aucune importance.

Il entra dans la salle de bain. L'architecte de la maison était particulier : séparer la chambre et la salle de bain d'un salon était une étrange idée. Et surtout très mauvaise.
Après... peu importe : il était seul. Il prit une douche et se permit même d'allumer la radio. La station ne lui plaisait pas alors il changea un morceau de jazz s'éleva en fond, sous le ramdam de l'eau jaillissant. Il se lava de partout sans exception, soigneusement, méticuleusement, avec le gel douche parfum des tropiques de la famille. Une trompette se languissait avec un violoncelle dans le radiophone, pendant qu'une voix feutrée, blanche, d'un grave profond qu'on penserait que c'était un homme mais dont certaines nuances indiquaient que c'était en fait une femme qui la portait. La voix était particulière, il ne savait pas s'il pouvait la qualifier de belle, mais le femme, à qui on ne pouvait pas déterminer l'âge tellement sa voix était singulière, dégageait un tel charisme et chantait tel qu'on pouvait en être séduit. Néanmoins, la chanson, comme l'arrangement, étaient relativement banal et traitaient d'un sujet mille fois revus. Il ferma le robinet et attendit que la chanson se termine pour éteindre. Il put apprendre que cette femme était américaine et qu'elle se faisait appeler Coco sur la scène. Les commentateurs ne firent pas plus de commentaires que ça et passèrent aux infos du jour. Thomas éteignit.

Il se rendit vite compte qu'il avait oublié ses vêtements dans la chambre, il allait devoir retraverser le salon sous le regard lourd des enfants encadrés dans les photos.
Il se noua une serviette autour de la taille et sorti de la salle de bain, les cheveux dégoulinants d'eau. Il fit alors une rencontre étonnante : devant lui se tenait un jeune homme, l'air surpris que lui. Il était mince et de taille raisonnable, il crut voir dans ses joues le pli des fossettes lors des sourires comme chez sa mère et ses yeux étaient aussi grands que ceux de la femme. Thomas comprit qu'il avait affaire à Mathias. Il ne su pas trop sur quel pied danser... de plus, le jeune homme avait -étrangement, comme la voix de Coco qu'il venait d'entendre- cet aspect "sans âge". On pouvait lui donner 17 comme 27 ans. C'était une caractéristique qui troublait souvent Thomas, mais qui le séduisait aussi. Sa femme avait cette particularité et sa fille en avait hérité. Etrangement, cette spécificité rendait les deux femmes plus belles aux yeux du vieux journaliste. Quant à Mathias, cet aspect lui procurait surtout une influence particulière, que Thomas admettait mais dont il n'était pas sensible. Certainement parce qu'il préférait les femmes aux hommes.
Il se racla la gorge mais ne rougit pas. Thomas avait appris à ne plus rougir, le sang ne lui montait plus à la tête. Le journalisme l'avait exposé aux feux des projecteurs, aux situations les plus fâcheuses et complexes, dans ce domaine il faut écraser les gens et être le plus intelligent pour réussir. Ou le plus insensible. Thomas était un homme émotif, mais naturellement, il avait apprit à le cacher. Tout comme il cachait, autant au jeune homme qu'à lui-même, sa perplexité face aux circonstances présentes.
Il sourit comme quand il souriait à son invité à qui il devait arracher des aveux.

« Tu m’excuse un instant ? C’est un petit peu gênant… »

Il désigna sa serviette et sourit de nouveau avant de repartir pour la chambre. Bien que la situation était quelque peu délicate, Thomas n'était pas le moins gêné du monde. Il réfléchissait juste à comment présenter les choses. Il reprit sa chemise blanche et sourit largement, heureux de voir que même après une nuit aussi torride, elle était toujours aussi parfaite. Il s'habilla promptement et se chaussa même, prêt à détaler si Mathias décidait qu'il n'avait rien à faire ici. Il prit sa veste et la mit soigneusement. Il était fin prêt à passer au journal télévisé. Même si en fait, il allait surtout rencontrer le fils de son plan cul régulier. Les mains dans les poches, l'air aimable avec un petit sourire, il sortit enfin après avoir remis un peu d'ordre dans les bras, par politesse.
Il s'approcha de Mathias et lui tendit sa grande main, l'éclat d'une bague argentée à la grosse pierre bleu sombre, qu'il portait à l'annulaire, brillant dans le regard de Thomas. Sa fille la lui avait offerte pour ses quarante ans. Il n'avait pas compris ce cadeau jusqu'à ce qu'il se vit la porter. Il avait souri avec fierté à ce moment, se rendant compte combien cette jeune femme ressemblait à son père. Son regard ne s'attarda pourtant qu'une demi-seconde sur la bague, seul détail de sa vie d'antan qu'il se refusait de perdre.

« Tu dois être Mathias, non ? Enchanté, je suis Thomas. »

Il dévoila alors ses dents blanches en un sourire. Sa grosse voix sombre et caverneuse sonna doucement, craignant presque de faire peur au jeune homme. Thomas savait qu'il ne le connaissait pas, Evelyn ne se décidant pas à parler du journaliste à ses enfants. Peut-être parce qu'elle ne connaissait rien de Tom, et que cela la dérangerait de parler d'un homme qui la connaissait intimement mais dont elle ne savait rien. Surtout d'en parler à ses enfants. Il ne savait pas vraiment ce que Mathias pensait de lui à ce moment, et Tom ne savait pas vraiment non plus ce qu'il aurait pensé de lui-même s'il était à la place de Mathias. Il préféra alors être aimable et ajouta, ambigu :

« Un ami de ta mère. »

Ce n'était pas entièrement faux mais pas totalement vrai non plus. Couchait-on avec ses amis ?
Revenir en haut Aller en bas

avatar

▶ POSTS : 737
▶ INSCRIPTION : 08/10/2011
▶ ÂGE : 20

▶ Me, Myself & I
▶ STAR: Oliver Sykes.
▶ MÉTIER: Musicien.
▶ CÔTÉ COEUR: Comme dans un rêve.

MessageSujet: Re: PV ✿ Tu aimes tes filles incertaines   Mer 8 Fév - 18:49

Mathias avait eu un élan de bonne volonté et de générosité ce matin. Il s'était levé aux environs de huit heures, quel miracle ! Il s'était lavé soigneusement, mais n'avait pas pris la peine de se raser, il avait donc sa petite moustache de deux jours que les filles qualifiaient souvent de « sexy. », bien qu'il n'est aucune fille en vue pour l'instant, mis à part Bethany. Enfin tout cela était une bien longue histoire et sa vie sentimentale était restée un peu en suspens ces derniers temps. Revenons à cet élan de générosité donc ! Le jeune homme descendit les escaliers de son immeuble et marcha jusqu'à la boulangerie la plus proche. Il n'avait pas vue sa maman depuis plusieurs semaines déjà, et lui apporter des croissants et du café était une très bonne idée et un bon prétexte pour aller la voir. Il acheta quatre croissants, au cas ou et deux gobelets de café à emporter au Starbucks. C'était vraiment le café préféré de Mathias, il ne pouvait plus vivre sans, c'était comme une drogue. La multitude de sorte de café, les suppléments de chantilly et surtout les jolies caissières ne laissaient pas Mathias indifférent. Et son porte monnaie non plus d'ailleurs, parce que, qui dit bon café, dit café hors de prix. Mais il ne fumait pas, alors il pouvait bien se permettre cela.

Il descendit ensuite dans une station de métro, en tenant fermement son sachet pour ne pas qu'on lui arrache des mains. Les gens de nos jours.. de vrais brutes prêtes à tout. Même à voler quatre croissants et deux gobelets de boisson.
Cinq minutes plus tard, il quitta le métro et se trouva devant la maison de sa maman, à Nothing Hill. Il espérait aussi voir sa soeur Kelly, bien qu'on soit jeudi et qu'elle avait cours, mais elle séchait tellement souvent que cela n'étonnerait pas Mathias de la voir. Il se permit d'entrer, après tout, il était un peu chez lui aussi !

Il referma la porte derrière lui et pénétra dans la maison. On pouvait entendre l'eau couler et.. du jazz ? Sa mère écoutait du jazz maintenant ?! Encore une chose dont il ignorait de sa mère.
Depuis qu'il avait acheté son appartement, il ne prenait plus trop le temps de rendre visite à sa famille, ni à sa mère et sa soeur, ni à son père. Il vivait son indépendance à fond et c'était vraiment génial. Plus aucune obligations, plus besoin de respecter les couvres-feu.. La belle vie !

Mathias avança lentement dans le couloir, prenant soin de jeter un regard à chaque tableau et chaque photo accroché au mur. Rien n'avait changé, tout était similaire au bon vieux temps.. Il irait voir son ancienne chambre tout à l'heure, le plus important était de trouver Evelyn, sa mère.
« Il y a quelqu'un ? », appela - t - il. Aussitôt, la musique s'arrêta, deux minutes plus tard, il se retrouva nez à nez avec un vieil homme, n'ayant pour tenue qu'une serviette autour de la taille. Son torse était encore humide, avec des poils frisottant. Dégoût. Mathias était si.. surpris, qu'il en lâcha son sachet et un des deux gobelets s'ouvrit, laissant se déverser le café sur le sol..
Qui était donc cet homme? Un cambrioleur ? Non, les cambrioleurs ne prenaient pas de douche, bien sûr que non. Mathias entrouvrit la bouche mais ne dit rien.
« Tu m'excuse un instant ? C'est un petit peu gênant.. » Mais quel cûlot ! Nan mais sans rire, c'était qui ce type? Mathias n'en revenait pas.
Un instant plus tard, il revint, habillé.
« Tu dois être Mathias, non ? Enchanté, je suis Thomas. » Il lui tendit la main pour lui dire bonjour, il la saisit, sans trop la toucher et la serra mollement en fronçant les sourcils. Comment connaissait - il son nom ? Qui était cet intrus ? Tant de questions qui fusaient dans la tête du jeune homme. Et l'inconnu, comme en lisant dans ses pensées, continua :
« Un ami de ta mère. » « .. qui prend des douches chez elle ? », ne put s'empêcher de répondre Mathias en haussant les sourcils.

—————————————
♡ i'm tired of being
who you want
me to be.
©️Brownie
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://beanartist.forumgratuit.org

Invité
Invité

MessageSujet: Re: PV ✿ Tu aimes tes filles incertaines   Mer 8 Fév - 20:21

Spoiler:
 

« .. qui prend des douches chez elle ? »

Il répondit sans hésitation, sans bégaiement, sans rougissement. Comme si la réponse était vraie. Il planta ses yeux dans les siens, comme un vieux chat qui gardait tout de même son influence. Thomas ne convainc pas, Thomas persuade. Dans le premier cas, on fait appel à la raison, dans le second, on fait appel aux sentiments et aux ressentis. Pendant toute sa carrière, Tom avait su user des deux, mais il avait distinguer sa subtilité dans la persuasion. Il fixait ses yeux à un autre et y passait tout ce qu'il voulait. Et avec ses mots. Il touche les gens avec ses mots. Certains le font avec la musique, d'autres encore avec leur corps... lui c'était les mots. Il avait réussi à persuader Clinton, la principale candidate contre Obama au élections présidentielles américaines ; il n'y aucune raison qu'il n'y arrive pas avec ce jeune anglais semblable à un autre. Avec un sourire, il dit. Il respirait la vérité.

« Oui, en fait je suis un collègue de ta mère. On parle souvent elle et moi... on s'aime bien. J'ai eu des soucis avec mon appartement, des problèmes d'inondation vois-tu... »

Il s'arrêta et fit un petit geste poli avant de le quitter un instant. Il arriva à la cuisine. Bien, il mentait, mais il mentait bien, très bien évidemment. Quand on est journaliste, il faut savoir mentir. On doit savoir mentir. Il faut mentir pour survivre. Il prit une éponge et se frotta les yeux qui lui piquaient. Ils s'étaient trop agités, Evelyn et lui cette nuit. Il en ressentait encore la tension et le plaisir dans son corps. Il revint prêt de Mathias et, toujours silencieusement, il s'accroupit pour essuyer la flaque de café étendue par terre. Trois coups et il ne resta plus que l'odeur. Il se redressa et finit :

« ...elle m'a donc gentiment proposé de rester chez vous le temps que tout reviennent en place. A la fin de la semaine je ne serai plus là. »

Il avait toujours l'éponge à la main, pendant qu'il engouffrait celle libre dans la poche de son pantalon. Il sourit doucement, sans méchanceté, sans agressivité. Mathias n'aura pas une bonne vision de lui, il s'en doute. Tom croit même que ça n'a pas d'importance. En fait il en était sûr. Mais il était sensible à sa situation. Il imaginait sa fille, juste en face de lui. Qu'aurait-elle fait en le découvrant ? Elle n'aurait certainement pas bien réagi. Il rejeta tout l'air de ses poumons.

« Excuse-moi, je ne voulais pas te mettre mal à l'aise ou te faire peur. »
Revenir en haut Aller en bas

avatar

▶ POSTS : 737
▶ INSCRIPTION : 08/10/2011
▶ ÂGE : 20

▶ Me, Myself & I
▶ STAR: Oliver Sykes.
▶ MÉTIER: Musicien.
▶ CÔTÉ COEUR: Comme dans un rêve.

MessageSujet: Re: PV ✿ Tu aimes tes filles incertaines   Sam 11 Fév - 16:26

L'homme en face de Mathias esquissa un sourire et répondit simplement , « Oui, en fait je suis un collègue de ta mère. On parle souvent elle et moi.. on s'aime bien. J'ai eu des soucis avec mon appartement, des problèmes d'inondation vois-tu.. » Oui tout à fait, Mathias voyait très bien la situation. Il avait surtout beaucoup de mal à croire l'inconnu, mais.. une toute petite part au fond de lui croyait quand même à l'histoire que lui avait raconté ce type. Finalement, elle tenait quand même debout, son histoire.

L'homme s'éclipsa pour aller chercher une éponge à la cuisine et il nettoya la flaque de café qui s'était répandue sur le sol. « Merci. » , dit poliment Mathias sans laisser transparaître le moindre sentiment de sympathie à l'égard de l'homme. Il se gratta sous le menton à l'aide de son index, pendant qu'il continuait de parler : « ... elle m'a donc gentiment proposé de rester chez vous le temps que tout reviennent en place. A la fin de la semaine je ne serai plus là. » « Non, mais, pour moi ce n'est pas un soucis, je n'habite pas ici, après tout c'est elle qui commande. », répondit - il.
Mathias croyait plus ou moins au récit de Thomas, finalement.  « Excuse - moi, je ne voulais pas te mettre mal à l'aise ou te faire peur. » « Non non, mais vous n'avez pas à vous excuser ! ».
Il fit un petit signe en direction du sachet qui était resté par terre. « Puisqu'elle n'est pas là.. ça vous dirait de manger des croissants avec moi ? », proposa le jeune homme en souriant pour la première fois depuis la rencontre. Après tout, il ne devait pas être bien méchant, ce Thomas. Et tisser des liens avec les amis de sa mère ne pourrait que le rapprocher de celle ci. L'invitation de Mathias ne sonnait pas comme une obligation de sa part, il avait proposé cela en toute sympathie.

—————————————
♡ i'm tired of being
who you want
me to be.
©️Brownie
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://beanartist.forumgratuit.org

Invité
Invité

MessageSujet: Re: PV ✿ Tu aimes tes filles incertaines   Sam 11 Fév - 17:48

Thomas sentait que ça passait difficilement dans le gosier du gamin. Il sourit gentiment, aucune ondes négatives ne se dégageaient de l'homme, du moins l'espérait-il. Il espérait aussi que Mathias n'aurait pas la curiosité d'aller dans la chambre de sa mère, les draps pouvaient être éloquents... mais qu'est-ce qu'il irait faire dans une chambre qui n'est pas la sienne, qui plus elle celle de maman ? Rien. Aussi, Thomas était-il un peu rassuré. Le jeune homme le remercia pour le café au sol, il fit un petit geste suivit d'une moue, indiquant que ce n'était rien. Il posa l'éponge et mis ses mains dans les poches de son pantalon.

« Non, mais, pour moi ce n'est pas un soucis, je n'habite pas ici, après tout c'est elle qui commande. »

Thomas sourit. Il aimait les enfants obéissants et Evelyn en avait un apparemment. Il y avait bien un sujet sur lequel Tom parlait ouvertement : c'était les enfants. Tom pouvait parler pendant des heures de Carmen et il pouvait entendre Evelyn parler de Kelly et Mat pendant des heures, sensible comme le parent qu'il était. Et il appréciait le fait que Mat admette et adhère à l'idée que ce n'était pas à l'adolescent de mener la vie dans une maison. Une drôle de lueur brilla dans son regard, cet enfant avait été bien élevé. Ca ne l'étonnait pas particulièrement, mais il n'avait quand même connu Evelyn qu'en tant que partenaire de lit, pas en tant que mère.
Mathias fut d'une politesse comme les aimait le journaliste, il allait l'aimer ce petit. Il lui fit un grand sourire quand il lui dit de ne pas s'excuser.

« Puisqu'elle n'est pas là.. ça vous dirait de manger des croissants avec moi ? »

Tom ne s'y attendait pas, il mit un peu de temps à réagir. Tom n'avait pas beaucoup d'appétit en ce moment. Il pensait au début que c'était dû à l'arrivée à Londres, que l'appétit reviendrait une fois qu'il serait adapté... ce ne fut pas le cas. Alors soit, il ne s'était toujours pas accoutumé à la grosse ville, soit il y avait autre chose... il penchait plus pour le autre chose. Il savait même ce que cachait cette autre chose. Sauf qu'il ne voulait pas l'admettre. Il balaya l'idée.
Il ne se voyait pas refuser l'invitation fort chaleureuse de Mathias, même si son ventre lui disait que non, il était préférable qu'il ne le fasse pas...

« Je suppose que si je dis non tu vas insister... ? Alors autant accepter tout de suite ? »

C'était dit sur le ton de la plaisanterie mais même avec son grand sourire, les gens appréciaient peu ce genre de remarques chez Thomas. Il y avait quelque chose de condescendant dans cette attitude. Les seuls à qui ça ne faisaient rien, c'était à sa fille et son neveu, qui le connaissaient bien. Malgré ça, même sa femme se vexait parfois. Peut-être ne le connaissait-elle pas assez ? Il s'assombrit en y repensant. Non, Paola ne le connaissait pas. Il regarda ses pieds, il souriait toujours mais sa gorge s'était nouée. Les croissants ne lui avaient jamais semblés aussi gros. Mathias s'activa et il le regarda s'installer. Il avait bien compris que c'était un garçon futé, bien qu'il n'ait pas semblé tout de suite croire son histoire, il avait finit par le gober. Etrangement, ça le rassurait, il était toujours aussi influent qu'autrefois.
Revenir en haut Aller en bas

avatar

▶ POSTS : 737
▶ INSCRIPTION : 08/10/2011
▶ ÂGE : 20

▶ Me, Myself & I
▶ STAR: Oliver Sykes.
▶ MÉTIER: Musicien.
▶ CÔTÉ COEUR: Comme dans un rêve.

MessageSujet: Re: PV ✿ Tu aimes tes filles incertaines   Mer 22 Fév - 15:42

« Je suppose que si je dis non tu vas insister... ? Alors autant accepter tout de suite ? » Il sourit. Heureusement, sinon Mathias n'aurait pas sut si c'était de la plaisanterie ou si l'homme en face de lieu était vraiment sérieux. En fait, cet inconnu était troublant pour le jeune homme. Difficile de lire à travers son regard, difficile de savoir s'il mentait ou bien s'il disait vrai. Etait-ce réellement un collègue de sa mère ou bien un peu plus ? Mathias avait bien l'intention de mener sa petite enquête. Il afficha un sourire malicieux et répondit simplement par un : « Vous avez tout à fait raison. »
Le musicien pénétra dans la cuisine et déposa le gobelet de café rescapé, ainsi que les viennoiseries sur la table. Cette table en bois arborait une nappe rouge en toile cirée. Sa mère choisissait les mêmes motifs depuis la plus tendre enfance de Mathias, et ce n'était pas parce que son fils ne vivait plus avec elle qu'elle en avait changé. Il ne put s'empêcher de caresser délicatement cette nappe, en la touchant à peine. Ses doigts éfleuraient juste la toile. Elle lui rappelait des souvenirs. Kelly, sa mère et lui passaient souvent des après midi entier à faire de diverses activités de bricolage. Il se souvient ce jour où sa petite soeur avait renversé le pot de paillettes dans ses cheveux. Ils avaient ri. Tellement ri. Parfois ces moments de complicité lui manquaient atrocement, mais à présent il était grand, il fallait passer à autre chose, bien que ces moments seraient à jamais gravés dans sa mémoire.

Il releva la tête pour poser son regard sur Thomas. Celui ci le fixait étrangement. Combien de temps Mathias avait - il passé à ne rien dire? Bien trop longtemps sûrement.
Il saisit le sachet et l'ouvrit pour déposer les croissants sur une assiette. Il poussa le gobelet sauvé vers Thomas d'un geste lent, comme pour lui faire comprendre qu'il lui offrait et qu'il allait s'en refaire un pour lui.
Mathias lui sourit aimablement et alluma la machine à café. Le temps que ce soit prêt, il essaya de combler le silence gênant qui s'était installé. Il se racla nerveusement la gorge et dit : « Alors, vous travaillez dans quoi ? »
Sachant que sa mère était avocate, il déduirait de la réponse de Thomas si oui ou non, il était bel et bien un de ses collègue, et pourrait ainsi savoir qu'elle relation il avait réellement avec sa mère. Sa petite enquête avait commencée; mais l'inconnu s'en rendrait - il compte? De douterait - il de quoi que ce soit? Peut être. Cet homme avait l'air malin.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://beanartist.forumgratuit.org

Invité
Invité

MessageSujet: Re: PV ✿ Tu aimes tes filles incertaines   Mer 29 Fév - 22:30

Après un petit tour en cuisine, Mathias revint et commença à s'installer. La table était nappée de rouge et Thomas sourit. Il prit place juste en face de lui et le silence tomba. La lumière éclairait leur deux visages et le temps se distordait. Le jeune homme poussa le gobelet lentement vers l'autre homme moins jeune. Peut-être craignait-il que Tom ne se métamorphose en un monstre plein de cruauté et d'horreur. Thomas était un homme trop sensible et empathique pour être une telle bête et Mathias lui paraissait sympathique. Tom aurait pu lui jeter un regard étrange et le narguer mais il n'en avait pas particulièrement envie. Mathias lui plaisait bien, il n'avait pas envie de commencer à être désagréable avec lui. Le musicien paraissait gêné et ça attendrit le coeur de vieux père du journaliste.

« Alors, vous travaillez dans quoi ? »

Thomas baissa les yeux sur son café en souriant. Il en bu une gorgée, s'émucta les lèvres et répondit.

« Comme ta mère, dans la magistrature. C'est un peu barbant pour les non-initiés et encore plus pour les gens. Si je ne connaissais pas ce métier je baillerais dessus... »

Il lui offrit un dernier sourire, prit une autre gorgée et remercia à nouveau Mathias pour le café. Thomas en connaissait assez sur Evelyn pour connaître son métier, son avis dessus, ses rapports avec ses collègues, son plat préféré, son groupe détesté et la taille de ses bonnets. Il connaissait le jargot du métier, c'était un avantage quand on fait celui qu'il exerce réellement. On doit connaître la langue de l'autre pour, déjà, ne pas passer pour un idiot et poser une question stupide, et pour pouvoir communiquer avec ses interlocuteurs. Tout est une question de communication. La manière de présenter les choses, de les dire, avec quel ton, quels mots...
Il releva la tête et sourit gentimment, le bleu de ses yeux semblait pour une fois réellement clair. Il put d'ailleurs remarquer que ceux du jeune homme, en plus d'être immenses, étaient très jolis.

« Tu as les yeux de ta mère. Un ange passa bêtement avant qu'il ne reprenne. Elle m'a dit que tu chantais et faisait de la guitare, ça marche les affaires ? J'ai eu une coloc' qui aimait bien ça... elle est partie assez tôt mais elle était gentille et rêveuse... avec ses mots. »

Bethany et lui avaient longuement discuté. Ils s'étaient tous les deux rendus compte qu'en fait, malgré ces longues heures de bavardages, ils ne connaissaient pas grand chose l'un de l'autre. Ca n'avait pas été plus mal, ils avaient pu échanger avec plus de tranquillité et de légèreté. Mais pour la peine, la veille du départ de Bethany, ils s'étaient tous les deux raconté leur vie. Au final, à tant discuter, ils n'avaient pas dormis de la nuit et ils étaient arrivés bien frais pour l'aube. Mais ils s'étaient quittés avec des confidences et une complicité d'écrivains forte et unique. Bethany est un bon souvenir. Un souvenir calme.

« Tout le contraire de ta soeur, à ce qui parait... »

Ajouta-t-il avec une mine amusée. Evelyn lui avait beaucoup parlé de Kelly, l'ado la menait par le bout du nez. Au final, ça faisait plus rire que compatir le journaliste qui croyait voir sa vraie fille dans les bêtises de Kelly.
Revenir en haut Aller en bas

avatar

▶ POSTS : 737
▶ INSCRIPTION : 08/10/2011
▶ ÂGE : 20

▶ Me, Myself & I
▶ STAR: Oliver Sykes.
▶ MÉTIER: Musicien.
▶ CÔTÉ COEUR: Comme dans un rêve.

MessageSujet: Re: PV ✿ Tu aimes tes filles incertaines   Jeu 8 Mar - 17:34

« Comme ta mère, dans la magistrature. C'est un peu barbant pour les non-initiés et encore plus pour les gens. Si je ne connaissais pas ce métier je baillerais dessus... » Zut ! Thomas devait sans doute connaître assez bien la mère de Mathias pour s'avoir qu'elle était avocate. Oh et puis, Mathias se dit qu'il pouvait laisser tomber sa tentative ridicule de savoir si oui ou non il était l'amant de sa mère. Après tout, cet homme ne semblait pas être bien méchant et Evelyn pouvait bien faire ce que bon lui semblait. Il hocha la tête en signe d'acquiescement puis Thomas enchaîna : « Tu as les yeux de ta mère.. » « Je pense que je dois prendre cela comme un compliment ? Mais dans tous les cas, merci, parce que je trouve les yeux de ma mère magnifiques.. » Il est vrai que Mathias et Kelly avaient tous les deux hérités des beaux yeux couleur noisette et des longs cils foncés de leur mère. Une chance, oui. Thomas reprit et sortit Mathias de ses pensées. « Elle m'a dit que tu chantais et faisait de la guitare, ça marche les affaires ? J'ai eu une coloc' qui aimait bien ça... elle est partie assez tôt mais elle était gentille et rêveuse... avec ses mots. » Le coeur du jeune tatoué fit un bond dans sa poitrine. Partie, gentille, rêveuse, sa façon de parler.. cela correspondait parfaitement au descriptif de Bethany. Sa gorge se serra, alors qu'il n'était même pas vraiment sûr qu'il s'agissait d'elle. « Je suis plutôt au point mort en ce moment.. je ne sais pas trop.. je crois que j'ai un gros manque d'inspiration. Au fait, votre ex colocataire ne s'appelait pas Bethany par hasard ? » Les yeux de Mathias pétillaient. Il éprouvait un sentiment de vide, de malaise inexplicable, de manque tout simplement. Une fois plus il n'avait pas eu le temps d'avour ses sentiments à sa meilleure amie. Ou plutôt n'en avait - il pas eu le courage une fois de plus ? Il soupira. Un soupir que Thomas ne pourrait sûrement pas comprendre, quoi que.. cet homme était un parfait observateur et pouvait lire à travers les personnes comme dans un livre ouvert. Du moins, c'est ce que le jeune homme avait pût constater. Il lui plaisait bien, ce Thomas finalement.

« Tout le contraire de ta soeur, à ce qui parait... » Sa soeur.. Il fronça les sourcils, amusé rien qu'en pensant à elle.. « Ma petite tornade.. en fait je ne me définirais pas comme son total opposé, mais plutôt comme une copie un peu plus sage. » dit - il à travers un sourire.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://beanartist.forumgratuit.org

Invité
Invité

MessageSujet: Re: PV ✿ Tu aimes tes filles incertaines   Sam 24 Mar - 14:19

« Je pense que je dois prendre cela comme un compliment ? Mais dans tous les cas, merci, parce que je trouve les yeux de ma mère magnifiques.. »

Il fit un petit geste indiquant que oui, il avait à bien le prendre. Ce qui marquait chez Evelyn autant que chez Mathias, c'était surtout la grandeur de ces yeux, pas forcément leur couleur ou leur éclat, bien qu'ils fussent tout à fait appréciables. Il bu son café en silence. Ils n'osaient pas se dire grand chose. Thomas couchait quand même avec sa mère... Mathias lui apparaissait comme une poupée fragile qu'il ne fallait pas brusquer au risque de la fêler. Ce n'était pas ce que le garçon était, Thomas en avait bien conscience, pourtant il n'arrivait pas à le voir autrement.

« Je suis plutôt au point mort en ce moment.. je ne sais pas trop.. je crois que j'ai un gros manque d'inspiration. »

Il hocha la tête. Thomas savait apprécier la musique mais n'avait pas grandit là-dedans, comme la majorité des jeunes d'aujourd'hui. Il avait du mal, parfois même beaucoup, avec certains genres. Il n'était pas très "hard" ou métal. Il était relativement calme sur ce point. ...En fait il fuyait ça comme la peste. Il n'avait pas de mal à comprendre comment on pouvait aimer faire de la musique. L'écouter à longueur de journée par contre, ça, il avait du mal. Etrangement, pour lui, écouter et faire de la musique, c'était nettement différent.

« Au fait, votre ex colocataire ne s'appelait pas Bethany par hasard ? »

Il releva les yeux de son café, surpris. Lui aussi il les avaient grands. Mais les siens étaient bleus. Bethany et lui, même après avoir vécu ensemble (en tout bien tout honneur), ne se connaissaient pas. Ils avaient longuement discuté mais ne s'étaient pas dit grand chose. Aussi ne pouvait-il pas savoir que Mathias et Bethany se connaissaient. La voix du jeune homme avait été étrange en prononçant son nom, Tom le remarqua.

« Hum oui... mais je ne suis pas sûr qu'elle m'ait parlé de toi, si c'est celle que tu connais. »

Ou sinon il aurait oublié. Mais c'était assez rare, surtout quand deux femmes parle exactement du même garçon. Il voulut soupirer. Le temps où plusieurs femmes parlaient de Thomas est passé maintenant. Maintenant, les femmes ne font plus attention au charisme, mais juste au superficiel : à la beauté. Ca a son importance, certes mais...

« Ma petite tornade... en fait je ne me définirais pas comme son total opposé, mais plutôt comme une copie un peu plus sage. »

Thomas sourit. Oui, Mathias était un enfant sage, ça se voyait. Et Evelyn le lui avait dit.
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé

MessageSujet: Re: PV ✿ Tu aimes tes filles incertaines   

Revenir en haut Aller en bas
 

PV ✿ Tu aimes tes filles incertaines

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

 Sujets similaires

-
» Filles de Ryiad
» Toi aussi tu aimes la BD ? ....
» Salut les filles, c'est Frou-frou !
» les filles qui quittent leur cpe !
» les filles de drummond
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
BE AN ARTIST ϟ :: LE HORS JEU :: 
RPS TERMINÉS.
-