Partagez | 
 

 PV ✿ Et si je te dis que tu es mien ?

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

Invité
Invité

MessageSujet: PV ✿ Et si je te dis que tu es mien ?   Mer 15 Fév - 21:27

Thomas avait comme toujours, pris du poisson avec assortiment de légumes. Il arrivait encore à y trouver du goût. Il faut dire, le Goldenknife était un restaurant connu pour sa cuisine raffinée et sa décoration de bon goût. L’ambiance y était agréable, les employés polis, les clients aimables. Thomas eut un vilain sourire. C’était Seth qui payait les consommations, à chaque fois. Le Goldenknife était aussi, mais surtout, connu pour ses prix exorbitant. Il but son vin en savourant toute ses finesses, toutes les nuances du prix qu’il y avait dedans, comme un chat qui savoure son lait. Il en ronronnerait presque. Thomas était d’excellente humeur ce jeudi. Il avait été le matin même chez Evelyn, une de ses amies et leur rendez-vous avait été particulièrement plaisant.
Quelques semaines auparavant, avec Seth, il avait retrouvé Hope au London Eye. Et… comment vous dire… ça ne s’est pas bien passé ? Seth et Tom s’était pris la tête comme jamais, c’était la première fois que les deux hommes se disputaient réellement et ça avait été violent. La bonne humeur de Seth, généralement, lui apportait une bouffée d’air frais qu’il s’empressait d’avaler. Il ne se sentait pas encore bien, sa vie lui retournait encore l’esprit. Sauf que cette fois-ci, ce fut son estomac et il avait peu apprécié qu’on le bouscule et que l’on rit de lui.
Les deux Williams s’étaient boudés longtemps mais ils avaient fini par se réconcilier autour d’un verre que pour une fois, Tom avait payé. Seth n’en avait pas appris plus sur Paola, sur Carmen, ou quoi que ce soit d’autre ayant trait à sa vie new-yorkaise, et c’était mieux ainsi. Thomas ne se sentait pas encore assez bien pour en parler. Il lui fallait du temps et il savait que Seth l’avait compris. Tom regarda un instant son neveu et ses expériences gastronomique…

« Tu sais que je t’aime beaucoup mon petit Ambroise… ? »

Un silence s’abattit sur la table, son neveu le regardant comme s’il venait de lui annoncer son cancer et sa mort prochaine. En y repensant, Thomas se demandait comment réagirait le garçon s’il lui arrivait quelque chose… scrutant le regard sombre de l’homme en face de lui avec le sien fêlé.

« Comment tu réagirais si j’étais plus ou moins gravement malade… ? »

Il se cacha derrière son verre et baissa les yeux sur son poisson, attendant sa réponse qui peut-être ne viendrait pas. Thomas vérifiait fréquemment sa montre, attendant certainement quelque chose. Il avait invité Raphaël, un autre de ses neveux. Raphaël et lui s’entendaient très bien. Ils étaient exactement sur la même longueur d’ondes. Le jeune homme avait l’ambition qu’il fallait pour réussir et le quadragénaire n’hésitait pas à conseiller le petit poulain. De plus, il voyait l’homosexualité du jeune homme d’un bon œil. Il n’avait absolument rien contre, si Raphaël avait été hétéro ça n’aurait rien changé, mais qu’il ne le soit pas ajoutait quelque chose de plus humain chez le jeune homme. C’était assez particulier comme impression mais Thomas se trompait rarement. Sauf que parfois ça arrive et peut-être ce sera le cas…
Thomas savait que Seth et Raphaël s’étaient déjà vus depuis l’arrivée du second à Londres, ce qu’il ne savait pas, c’était que leur relation était assez… explosive. Il pensait surtout que l’arrivée de son cousin mettrait de bonne humeur Seth, ou qu’au pire, ça ne lui ferait rien. Il ne pouvait pas se douter…
Il n’avait pas prévenu le pianiste de la visite de Raphaël lors de leur déjeuner, en fait, il avait purement et simplement oublié. Mais il pense que tout va bien se passer… s’il avait su !


Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité

MessageSujet: Re: PV ✿ Et si je te dis que tu es mien ?   Jeu 16 Fév - 17:42

    Seth était assis bien sagement sur sa chaise du Golden Knife. Il attendait le plat tel un enfant modèle se contentant de faire tourner sa petite cuillère autour de son pouce. C’était un exercice très intéressant pour la coordination des doigts, l’adresse et même … Non, il se faisait chier. Oh bien sûr, le jeune homme s’était réconcilié avec son oncle, depuis cette embrouille au London Eye il se tenait à carreau avec son ancêtre, évitant les sujets qui fâchent et l’humour (trop) douteux. Seth tenait trop au lien qu’il avait réussi à tisser avec le vieux bourru pour qu’il reste fâché bien longtemps. En fait, il n’aimait être en mauvais termes avec personne, c’était dans sa nature d’aimer être sympathique aux yeux des gens. A part quelques exceptions comme l’œuvre de charité de Hope qui jouait avec elle au je t’aime, moi non plus, ou Raphaël peut être. Mais sinon les autres gens étaient, dans le pire des cas, indifférents à ces yeux. Seth aimait les gens, Seth était sociable, la race humaine bien que bourrée de défauts et de vice le fascinait. S’il échouait dans ces études de musique (ce qui sera certainement le cas, il ne fallait pas se voiler la face), il tenterait peut être la psycho. Papa serait content.
    La serveuse déposa enfin la commande de Seth devant lui. Il arrêta de jouer avec sa cuillère et la remercia avec un joli sourire. Ce n’était pas leur serveuse habituelle. L’ancienne avait cessé d’apporter leurs plats quand elle avait inscrit son numéro sur le ticket de caisse et que Seth n’avait pas rappelé. Ou bien que Tom l’avait fait. Des deux solutions, le beau brun ne savait pas laquelle était la pire. Ceci dit, ç’aurait été marrant de voir la réaction de la pauvre fille quand, s’attendant à voir débarquer un fringuant garçon de vingt-quatre ans, c’est contre toute attente son oncle de vingt petites années de plus qui aurait pris place en face d’elle ! Le sourire charmeur de Seth se transforma en une moue hilare, il mit sa main devant sa bouche pour réprimer ses inévitables gloussements qui l’aurait fait passer une fois de plus pour un dégénéré mental. Déjà qu’il était fiché un peu partout dans la ville …

    « Tu sais que je t’aime beaucoup mon petit Ambroise… ? »

    Le sourire de Seth fondit comme neige au soleil. Son oncle se fichait encore de lui ? C’était comme ça qu’on commençait les demandes de prêts ou bien les ruptures amoureuses. La deuxième hypothèse était assez improbable pour un cas comme Thomas et Seth, mais on était jamais trop prudent. Le jeune homme baissa les yeux vers son assiette. Aujourd’hui, pour une fois il n’avait pas fait de folie : burger au crabe, petits légumes frits et crème brûlée. Il ne commandait pas deux fois la même chose, contrairement à l’ancêtre il aimait bien être en constant changement. Tom quand à lui préférait la tranquillité des certitudes, et le train-train quotidien. C’était compréhensible à un certain âge, mais cela expliquait aussi pourquoi son divorce l’avait tant touché et affecté. Bien plus que ç’aurait dû être le cas.

    « Comment tu réagirais si j’étais plus ou moins gravement malade… ? »

    Le jeune homme déglutit péniblement. Que ce passait-il ? Qu’allait-il lui annoncer ? Il avait un cancer (le plus) ? Ou chopé une MST (le moins) ? Seth réprima une grimace, imaginer son oncle en action était quelque chose qu’il n’était pas encore prêt à faire. Non, qu’il ne serait jamais prêt à faire. Il prit un instant de réflexion, il ne s’était jamais vraiment penché sur la question. Tom malade. C’était quasiment insensé ! Certes, il approchait doucement du demi-siècle, mais au XXIème siècle, on ne tombait pas malade à 45 ans ! Surtout quand on respirait la vie et l’énergie !

    « Hum … On bruncherait deux fois par semaine ? » dit Seth, optant une fois encore pour le second degré. Il n’avait absolument aucune idée de ce qu’il ferait à vrai dire. Il n’avait jamais encore été confronté à ça, à la maladie. Celle qui tuait, pas celle qui ruinait en kleenex. Le jeune homme frémis à cette idée, pourvut que ça ne soit pas ça, pourvut que ça ne soit pas ça !
    Il enfourna une grosse bouchée de son hamburger, et laissa son regard soucieux errer une fois de plus sur les clients du restaurant. Aujourd’hui, pas de femme délaissée, mais une grande famille occupant une des plus larges tables du restaurant. Il semblait célébrer l’anniversaire de mariage de deux quadragénaires. Les noces d’argent ? D’or ? Seth n’y connaissait fichtrement rien. Quand il retourna la tête vers son oncle, celui-ci … Le jeune homme faillit recracher sa bouchée sur la chemise du nouveau venu. Mais qu’est-ce qu’il foutait ici ce morveux ? En pleine conversation avec tonton Williams, il souriait avec son air de faux-jeton habituel.
    Raphaël, le cousin machiavélique.
    Seth mit cinq bonnes secondes à trouver une remarque mesquine, mais pas trop. Insultante mais pas trop. Violente, mais pas trop. Qui ne le décrédibiliserait pas aux yeux de son oncle mais qui ferait quand même passer le message à Raph : Fous le camp, maintenant.

    « Raphaël, toute les minutes passées sans ta compagnie sont un supplice pour moi. J’avais l’impression d’être au paradis. Pourquoi tu ramènes tes épis graisseux en ce jour saint du brunch du jeudi ? » Les cheveux pour un homosexuel c’est sacré, non ? Et même si on faisait abstraction des clichés, Seth avait été trop gentil, il prit le temps d’avaler quelques-uns de ces délicieux petits légumes croquants, avant d’en rajouter une couche. « Oh, et puis, on ne t’attendais pas ! Regarde… cette table est vraiment minuscule pour trois. Enfin, quand on sait que le troisième, c’est toi ! » Oui, parce qu’il avait grossi en plus ! C’était assez grossièrement sous-entendu, loin de la finesse des piques que Seth arrivait à lancer d’habitude, mais pour Raphaël, il ne faisait pas dans la dentelle.

    Spoiler:
     
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité

MessageSujet: Re: PV ✿ Et si je te dis que tu es mien ?   Sam 18 Fév - 10:55

    Putaaaaaaain.

    Le bus n'avançait pas, comme toujours. Les gens dans les voitures autour semblaient dans le même état d'esprit que lui, vu les klaxons qu'on entendait au dehors. C'était vraiment le genre de moment que Raphaël détestait le plus dans la vie Londonienne : les trajets. Tout était long quand on voulait aller à un endroit un temps soit peu éloigné de l'appart. Ce qui aurait pris 10 minutes avec un trafic normal en prenait 30 à Londres. Et impossible d'y échapper. C'était une fatalité à laquelle il avait vraiment du mal à s'habituer. Et puis quelle idée de prendre le bus. Non mais franchement? Il se serait donné une baffe s’il n'y avait pas des gens autour. Alors que le métro, bien que puant, était si pratique. Un accès de folie, surement. L'attirance des double deckers c'était évanouie immédiatement après qu'il y soit rentré.

    C'était rempli de touristes excités et désagréables, de la classe de ceux qui parlent fort et rient pour un rien comme des abrutis. Raphaël semblait être le seul londonien dans le bus, ce qui amplifiait sa gêne. Il était coincé au milieu d'un groupe de collégien québécois (d'après leur accent) qui ne faisait que rire en le regardant. En même temps je n'aurais peut-être pas dû mettre mes chaussures bleues flash. Le pire résidait dans le fait que Raphaël comprenait tout ce qu'ils disaient, et devaient se retenir pour ne pas faire passer les petits cons par la fenêtre. Calme. Après une demi-heure durant lesquelles les gamins n'avaient pas arrêté de le pousser à bout, Raphaël se leva et se dirigea vers la porte. Mais, avant de sortir, il s'approcha des merdeux et leur dit dans un français parfait :

    « - Bonne journée. »

    Se regardant d'un air mi- horrifié mi- amusé, les gosses semblaient comprendre le message. Raphaël descendit du bus et se dirigea vers le restaurant où il avait rendez-vous avec son oncle; le Gold Knife. Personnellement, Raphaël trouvait la réputation du restaurant un peu surfaite, mais c'était le lieu fétiche de Thomas. Il pensait déjà à ce qu'il allait commander lorsqu'il entra dans le restaurant, tout en cherchant son oncle dans la salle remplie. Il l'aperçu enfin, mais, alors qu'il s'apprêtait à lui faire signe de la main, il vit qu'il y avait quelqu'un qui partageait sa table. Et pas n'importe qui. Seth. Bordel. Ça puait la manigance de Thomas à plein nez. Pourquoi devait-il toujours se mêler de ce qui ne le regardait pas? Raphaël était à la limite d'aller hurler sur son oncle. Ou de sortir, tout simplement, et différer l'engueulade. Trop en colère, il choisit la première option. Il se dirigea vers son oncle, et lui dit calmement, sur un ton faussement joyeux :

    « - Je te jure que je vais te buter. »

    « - Raphaël, toute les minutes passées sans ta compagnie sont un supplice pour moi. J’avais l’impression d’être au paradis. Pourquoi tu ramènes tes épis graisseux en ce jour saint du brunch du jeudi ? »


    Tiens. L'autre s'est réveillé.

    « - Oh, et puis, on ne t’attendais pas ! Regarde… cette table est vraiment minuscule pour trois. Enfin, quand on sait que le troisième, c’est toi ! »


    Tonton Williams, tu dois être super fier de toi. Trop habitué aux tentatives subtiles de son abruti de cousin pour le déstabiliser, Raphaël préféra répondre dans l'ironie.

    « Seth, toi aussi tu m'a manqué. Et, dis donc, t'aurais pas pris des cours de répartie? Parce que là franchement tu t'améliores! Sérieux, je suis trop fier de toi! Mais la prochaine fois évite de piquer tes répliques à un personnage de série pour ado... Des fois ça fait un peu ridicule, sans vouloir t'offenser. »

    En attendant que Seth trouve une réponse, Raphaël s'assit et commanda son poisson aux champignons. Il se tourna vers Thomas, qui affichait un visage perplexe.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité

MessageSujet: Re: PV ✿ Et si je te dis que tu es mien ?   Sam 18 Fév - 12:58

:hii:

Un élégant jeune homme arriva lentement jusqu'à leur table. Les trois hommes ensemble dégageaient une aura de majesté fort appréciable. Le nouvel arrivé dardaient ses grands yeux clairs dans eux de son neveu Seth, comme un chat sur le qui-vive, pendant que Seth plissait les siens tel un serpent prêt à bondir. Inquiet, Tom fronça des sourcils légèrement. Il les hausse :

« Je te jure que je vais te buter. »

Généralement, même si l'action allait trop vite, Thomas s'en sortait assez finement en un sourire et une réplique mais aujourd'hui, ça le dépassait totalement. Il regarda ses deux neveux se sourire et se balancer des bombes de fiel et d'acide verbale. Thomas tenta un sourire mais il était plus qu'anxieux et ça se voyait. Les courbettes avec lesquelles il s'enfuyait ne fonctionnaient pas ce midi. Il joignit ses mains et les posa sur la table pour plus de sureté. Il risqua un oeil sur sa droite, une agitation se manifestant. Une famille fêtait un évènement important et les rires et les joies fusaient. Tom en eu un rictus blasé. Ce n'était pas ainsi que les Williams semblaient appréhender le concept de famille, et ça ne se résumait pas qu'aux trois hommes. Il soupira et les regarda se détester. Il était surpris mais n'en avait pas l'air. Il se souvint alors qu'il avait toujours du poisson et des légumes.

« Raphaël, toute les minutes passées sans ta compagnie sont un supplice pour moi. J’avais l’impression d’être au paradis. Pourquoi tu ramènes tes épis graisseux en ce jour saint du brunch du jeudi ? »

Il se coupa un petit morceau de poisson -de la sole précisément- et l'accompagna de quelques carottes et légumes verts. Thomas grimaça, ce n'était pas mauvais comme réplique mais il y avait mieux. Raphaël approuva et Thomas ne pu qu'être d'accord. Il évita néanmoins de le préciser, ce n'était pas le moment de se mettre à dos le jeune homme. Il soupira. Ca allait être gai ce déjeuner. Raphaël prit place et une serveuse les rejoignit. Elle était différente de l'habituelle qui avait dû être vexée que Seth ne la rappelle pas. Pour une fois, Tom ne s'était pas mêlé de cette affaire. La nouvelle ne devait pas être plus vieille que la précédente mais son intérêt pour le groupe d'hommes était différent. Tom le remarqua et en fut assez intrigué mais ne s'y intéressa pas plus.

« Je vous sers autre chose ? »

Le journaliste prit son verre de vin à moitié vide et plaisanta :

« Je crois que je vais vous prendre toute la bouteille au final... »

Et il désigna d'un coup de tête ses deux neveux. Oui, quand vous avez deux tels hommes dans votre famille, si désespérants, il est tout à fait compréhensible de vous voir sombrer dans l'alcool. Il sourit tristement à l'employée qui comprit la blague. Elle s'en alla en riant. Tom se retourna et refit face aux hommes. Ils avaient fini de se saluer poliment et ils regardaient maintenant le quadragénaire. Bien, ils devaient certainement lui en vouloir, c'était normal... il s'étira la moustache du pouce et de l'index, perplexe. Bien... que faire... ? Il haussa les épaules comme s'il ne se passait rien. Tout va bien dans le meilleur des mondes.

« Bon et bien ! Bon appétit ! »

Ca va jazzer. Il enfourna sa fourchette et se racla la gorge avant d'avaler. Il regarda par la fenêtre d'un air innocent, évitant les regards certainement meurtriers de ses neveux.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité

MessageSujet: Re: PV ✿ Et si je te dis que tu es mien ?   Sam 18 Fév - 14:49

    A l’âge de quatorze ans, Seth avait suivi des cours de yoga. A vrai dire il avait tenu deux séances, et encore, juste parce que la prof était le sosie de Wynona Rider en justaucorps noir … Mais bon, Seth avait une mémoire sélective et il était en train farfouiller dedans pour retrouver les conseils de Wynona. Inspirer, expirer, ok, mais après ? Il ferma les yeux vida son esprit. Oublier cette tête d’abruti, oublier le plan foireux qui tournait plutôt à la manigance ancestral. Il réussit à atteindre une certaine sérénité quand il rouvrit les paupières et que Raphaël était toujours devant lui, griffé des pieds à la tête. Tous ses vêtements tombaient sans un pli. Comme d’habitude. Seth continua à maitriser sa respiration pour ne pas lui balancer le vin de son oncle et ruiner tous ses apparats à plusieurs zéros. Nul comme était Raphaël, il ne devait pas craindre de se faire agresser. Rien qu’en fringues il devait y avoir 1500 livres, si on tombait un bon jour, on pouvait rajouter I-pad et smartphone en prime. Il n’y avait pas à dire. Un clochard qui agressait Raphaël Williams était un clochard heureux. Seth secoua la tête. C’était à se demander qui était le plus immature des deux, est-ce que son cousin était seulement conscient que s’il vendait son dressing il pourrait s’offrir … un appart ? Bon, certes, il serait nu et seul dans cet appart. Mais au moins il aurait un toit …

    « Je te jure que je vais te buter. » grommela Raphaël à l’intention de leur oncle. Seth faillit en perdre son latin. Ok, il était fâché contre Thomas, il avait des raisons. Mais ce n’était pas un argument valable pour une telle démonstration de violence verbale ! Ce mec n’avait-il aucun respect pour ses aînés ? Bon, Seth l’avouait, parfois il était un peu limite aussi avec Tom, mais c’était plus de la maladresse que de la réelle méchanceté. Il secoua la tête avec vigueur, et observa l’expression de son oncle. Ce dernier semblait assez désemparé, presque anxieux. Comme s’il ignorait les tensions (enfin, c’était plus que ça) entre les jeunes hommes… l’ancêtre se contenta de fixer son assiette et de prendre des grosses bouchées de poisson au légume. A ce rythme-là il finirait par s’étouffer …

    « Seth, toi aussi tu m'a manqué. Et, dis donc, t'aurais pas pris des cours de répartie? Parce que là franchement tu t'améliores! Sérieux, je suis trop fier de toi! Mais la prochaine fois évite de piquer tes répliques à un personnage de série pour ado... Des fois ça fait un peu ridicule, sans vouloir t'offenser. »

    Seth appliqua la technique de Thomas : s’étouffer. L’oncle avait déjà passé cette étape et avait re-commandé du vin. Le jeune homme n’aimait pas ça, mais peut être qu’aujourd’hui il ferait une entorse et partagerait la bouteille du patriarche. Histoire de le sauver d’un sombre avenir d’alcoolique dépressif. Ou bien Raphaël s’en chargerait, il était le genre de gars à pouvoir boire son verre à pied cul sec, mais qui faisait semblait de savourer pour se donner un côté expert œnologue. Une fois que Seth eut fini d’avaler la quantité assez impressionnante de nourriture qu’il avait réussi à mettre dans sa bouche, il fit craquer ses doigts. Tom, tu as de la chance, aujourd’hui tu vas assister à un duel à mort.


    « Bon et bien ! Bon appétit ! »
    dit-il pour tout signal de départ. Si on décodait sa phrase, ça ressemblait plus à : les hostilités sont ouvertes les enfants. Oh ? Un laissez-passer pour libérer sa partie obscure ? Dark-Seth. Ils l’avaient cherché, ils l’avaient presque invoqué. Ils allaient le trouver.

    « Vois-tu, moi je peux me payer ces cours, je ne suis pas tout le temps obsédé par les dernières tendances de chez Vogue. » Bim. Oui, Seth avait charrié Raph, quand ils étaient plus petits et que lui et sa mère vivaient encore sous le toit de sa famille, le jeune garçon qu’il était avait retrouvé dans la chambre de son cousin des dizaines de magazines dans un tiroir. Il s’en était fallu de très peu de temps pour que Raphaël soit affiché. C’est à peu près à cette époque que les premières rumeurs sur l’homosexualité de Raph ont commencé prospérer. D’ailleurs une question vint soudain à l’esprit de Seth … comment son cousin faisait-il pour pouvoir se payer de pareils accoutrements ? Il devait tremper dans la drogue ou un truc de ce genre, il n’y avait pas d’autre solution. Il avait le profil parfait pour être dealer, c’était justement le genre de mec qu’on accuserait jamais de trafique de quoi que ce soit. Ou bien il avait vendu son rein sur le marché noir …

    « Et pour ce qui est du ridicule je n’ai pas de soucis à faire, tu es là pour couvrir mes arrières. Je ne pourrais jamais faire pire que toi ! Même en primaire tu te souviens quand … » Ah, la carte des bons vieux souvenirs bien humiliants. Seth sourit. Il n’y avait rien de pire !


Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité

MessageSujet: Re: PV ✿ Et si je te dis que tu es mien ?   Mar 21 Fév - 19:40

    Parfait. La réplique de Raphaël avait eu l'effet espéré : le suicide. Seth était en train d'essayer de se tuer en mangeant le plus vite possible le contenu non négligeable de son assiette. Il allait vite mourir à cette allure là, tandis que son oncle et son cousin l'observaient, d'un regard curieux pour le premier, d'un regard rempli d'espoir pour le second. Malheureusement pour ledit cousin, Seth semblait bien supporter cet engouffrement massif, et ne semblait pas à l'agonie. Au contraire, on aurait dit qu'il se chargeait pour une nouvelle salve de paroles cinglantes. Soupir. Une fois que sa bouche ait atteint la taille d'un zeppelin, il fit craquer ses doigts, comme pour perpétuer le cliché du post-ado de base que Seth semblait prendre pour exemple. Entre temps, Thomas décida qu'il devait mettre son grain de sel dans la discussion - encore - et déclara :

    « - Bon et bien ! Bon appétit ! »

    Raphaël retint un petit rire sarcastique, car son oncle aurait pu le considérer comme gratifiant, et il était encore trop énervé contre le vieux. Le drapeau damier était abattu. Vu la stupidité absolue de Seth et sa médiocrité totale en matière de joute verbale, on allait être servit en poésie. Tom allait être déçu, car la plus part du temps, quand Seth commence à faiblir – de façon régulière, donc – il s'énervait, ce qui accentuait encore son plongeon dans la défaite. Le vieux avait l'air de s'attendre à voir renaître Oscar Wilde et Edward Carson, le pauvre. Seth avait apparemment fini de s'empiffrer, et parla de sa voix sarcastique.

    « - Vois-tu, moi je peux me payer ces cours, je ne suis pas tout le temps obsédé par les dernières tendances de chez Vogue. »

    Toujours plus fin. Seth avait toujours habitude de critiquer la façon que son cousin avait de s'habillait, alors que lui préférait suivre les tendances des catalogues Tesco. Un renouvellement des thèmes abordés ne ferait pas de mal. Avant de répondre, Raphaël prit un verre de vin, et en bu une gorgée, lentement, se retenant pour ne pas cracher le liquide que Seth détestait tellement au visage de ce dernier. Il s'essuya la bouche tout en préparant sa réponse, mais son cousin le prit de court, et ajoutât :

    « - Et pour ce qui est du ridicule je n’ai pas de soucis à faire, tu es là pour couvrir mes arrières. Je ne pourrais jamais faire pire que toi ! Même en primaire tu te souviens quand … »

    Wow. Ramener ça sur le tapis, c'était tellement... Seth. Et le pire, c'est qu'il avait l'air fier de lui, comme si il pensait que faire remonter ce souvenir – douloureux, certes – allait faire s'effondrer sur place Raphaël, terrassé par la puissante répartie de son adversaire. Il prit tranquillement quelques champignons avant de lui répondre.

    « - Tu savais que Condé Nast Publications, la maison mère de Vogue, était une des maisons d'éditions les plus importantes de la planète? Et que la rédactrice en chef de Vogue U.S.A, Ana Wintour, était une des femmes les plus puissantes du monde? Bien sur, j'imagine, vu le temps que te prennent tes études... Et puis l'industrie du luxe, avec son poids si insignifiant de quelques centaines de milliards de dollars, se fonde uniquement sur des choses superficielles, c'est d'une évidence! »

    Refusant d'observer la réaction de son opposant, il prit une bouchée de son poisson, l'accompagnant d'une gorgée de Bordeaux. Il jeta un coup d'oeil vers son oncle, l'espérant choqué, mais pas du tout. Il avait l'air intéressé par ce qui se passait devant lui, rien de plus.

    « - Et puis, pardon d'être un peu amusé, mais sérieusement, tu doit vraiment être à court d'arguments pour devoir aller chercher des évènement qui se sont passé il y a presque 20 ans. Mon pauvre, je prierais St Antoine pour que tu retrouves un peu de dignité. Si tu en as une. »

    Pas trop déçu?
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité

MessageSujet: Re: PV ✿ Et si je te dis que tu es mien ?   Ven 23 Mar - 19:19

Thomas ne faisait plus vraiment attention à leurs bêtises mais au fur et à mesure, un grand sourire se peignait sur son visage. Même s'il devinait l'ambiance tendue entre les deux hommes, il ne pouvait s'empêcher de se sentir bien entre les deux. Il ne voyait pas encore très bien Londres, il avait toujours la tête en Amérique, mais peu à peu, le voile se levait. Il était fatigué d'ailleurs, de cette lenteur. Mais en ce moment, tout le fatigue. Alors retrouver ces deux puceaux plein de vie le faisait revivre, lui aussi. Et il souriait, un peu bêtement, comme on sourirait en pensant à une femme.

« Vois-tu, moi je peux me payer ces cours, je ne suis pas tout le temps obsédé par les dernières tendances de chez Vogue. »

Il avait lu, Vogue, une fois. Il ne sait plus pourquoi déjà, un rendez-vous chez le médecin sûrement. Il devait s'ennuyer à mourir et il n'avait trouvé que ça. Ces derniers temps, il trouvait qu'il vieillissait affreusement : il lisait son horoscope (qui n'annonçait rien de bon mais de toute manière il était poisson et ça ne sera jamais pire que ce qu'il se passe déjà chez lui) et les derniers potins sur "Est-ce que Vanessa va casser avec Johnny". Etrangement, ça le peinait que le couple soit face à un tel obstacle. Peut-être se référait-il à une expérience personnelle... ? Certainement oui.

Thomas connaissait l'industrie du luxe, il avait vécu dans un appartement plus que luxueux d'ailleurs, mais tout ce que lui disais Raphaël ne lui évoquait rien. En même temps ce n'était pas la mode, son domaine d'expertise. Quand on y repense, Thomas ne savait pas faire grand chose, à part une. Raphaël photografiait et Ambroise jouait du piano. Une vraie famille d'artistes, les Williams. Une vraie famille de gagnants, les Williams. Bien que Williams Sénior ait quelques doutes sur le pianiste... mais ce n'est pas grave. Pas trop. Il l'aime bien le pianiste.

« - Et puis, pardon d'être un peu amusé, mais sérieusement, tu doit vraiment être à court d'arguments pour devoir aller chercher des évènement qui se sont passé il y a presque 20 ans. Mon pauvre, je prierais St Antoine pour que tu retrouves un peu de dignité. Si tu en as une. »

Thomas répondit : « Il en a pas. » Et il comprit, qu'il avait gaffé. Ambroise allait lui faire les gros yeux qui voudront dire "je te croyais de mon coté !" pendant que Raphaël rira aux larmes. Il soupira... il tenta de changer de conversation, d'amener son neveu sur autre chose :

« Sinon, tu n'as pas répondu à ma question. »
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité

MessageSujet: Re: PV ✿ Et si je te dis que tu es mien ?   Sam 7 Avr - 10:12

L’attention de Seth se retourna furtivement vers son oncle qui avait semblé cesser de faire l’arbitre de tennis avec ses yeux. Maintenant il se contentait d’arborer un fin sourire qui donnait à sa petite moustache un angle un peu bizarre. Tandis que son cousin s’employait, d’un air indigné, à ressortir tout l’historique de sa revue préférée, ce qui captivait Seth, à peu près autant qu’un concert de Carla Bruni, le jeune homme se remémorait le temps où à Paris, la moustache de son oncle était considérée comme une légende. Quand il était petit, c’était une sorte de farce, on la sortait aux diners de familles où Thomas ne venait jamais. Son père d’un ton bourru disait « Ah, ce cher Tom ! Il se pointera quand il se sera rasé ! », et, effectivement, il n’est jamais venu. Dakin essayait de paraitre fier, mais il était clair que de ne plus fréquenter son frère l’affectait plus qu’il ne le montrait. Seth était triste quand il repensait, les liens fraternels étaient de ceux les plus solides. Il n’imaginait pas pouvoir se passer de sa petite sœur. Depuis son départ de France, c’était la personne qui lui manquait le plus.
Le silence qui se créa après que Raphaël eut finit de déblatéré toute sa science permit à Seth de sortir sa meilleur répartie : il bailla bruyamment. C’était tout sauf élégant, mais ça aurait le mérite de mettre un peu plus boubourge en rogne. Son cousin avait le mérite d’avoir un bon souffle. Seth était quasiment sûr qu’il avait sorti tout son monologue sans reprendre sa respiration. Au moins quand son patron se rendrait compte que son stagiaire ne vaut absolument rien dans l’art où il est censé exceller, il pourra se reconvertir en bête de foire. Genre l’homme-poisson dans ces immenses aquariums où les enfants aimaient coller leurs nez plein de morve contre les vitres. Ah non, c’est vrai, Seth n’y avait pas pensé, mais le chlore ça abîmait les cheveux. Tant pis ! Raphaël finira juste sous un pont alors.

« Et puis, pardon d'être un peu amusé, mais sérieusement, tu dois vraiment être à court d'arguments pour devoir aller chercher des évènement qui se sont passé il y a presque 20 ans. Mon pauvre, je prierais St Antoine pour que tu retrouves un peu de dignité. Si tu en as une. » Echec. Ça, c’était méchant. Encore une fois le coup du je-te-suis-supérieur. Il voulait le faire passer pour le gamin irresponsable qu’il était pour gagner l’approbation de tonton ? C’était vraiment bas. Mais c’était Raphaël, et Seth avait la légère tendance de sous-estimer le jeune homme.

« Il en a pas. » asséna Thomas. Seth roula des yeux avec la même expression faciale que si on lui avait planté un pieu dans le dos. NON ! Cette petite enflure avait réussi son plan machiavélique ! Il avait embobiné SON oncle avec son air de faux-jeton responsable, mature, stagiaire dans une grande fondation, bla, bla, bla. Sous la table, la jambe de Seth se mit à trembler nerveusement. On pouvait presque voir les rouages tourner dans sa tête. Ça n’était qu’un jeu de stratégie. Une joute verbale où, si un coup était bien placé, il pouvait être fatal. Raphaël cherchait, il allait trouver !

« Sinon, tu n'as pas répondu à ma question. » soupira Thomas, vaine tentative pour essayer de noyer le poisson. Ouais, genre Seth allait oublier comme ça qu’il l’avait trahi ! Il se mettait le doigt dans l’œil l’ancêtre !

« Si. J’avais répondu à ta foutue question ! Mais je pense que maintenant, il est nécessaire de modifier ma réponse. Je pense que si tu étais gravement malade, l’être sans dignité que je suis te laisserai sombrer avec l’honneur d’être en la fade compagnie de Raphaël Williams. Vu qu’il est clair que c’est ton petit chouchou ! En plus Raph, il aime ça, distraire les mourants ! Il n’y a qu’avec eux que ses vannes arrivent à faire sourire ! Ils savent que dans leur mort, ils n’auront plus jamais à les entendre ! »

Oh, et maintenant qu’il était parti dans la théâtralité. Autant faire sa petite scène de ménage jusqu’au bout !

« Et si vous voulez je vous laisse dîner en amoureux ! »
dit-il en haussant encore un peu le ton, se levant, tout en rassemblant ses affaires. C’était un numéro d’acteur digne de le faire nominer aux oscars ! Même Brad Pitt n’aurait pas fait mieux !
Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité

MessageSujet: Re: PV ✿ Et si je te dis que tu es mien ?   Mer 11 Avr - 14:12

Le vin était vraiment agréable. Doux, fruité, exactement comme il l'aimait. Une fois, Raphaël était allé visiter un château dans la banlieue bordelaise, voir comment on cultivait le raisin et comment on préparait l'alcool. Ç'avait été assez peu enrichissant, le guide marmonnait le texte qu'il avait dû apprendre par coeur, et on ne saisissait rien à ce qu'il disait. Et puis honnêtement, qu'y a-t-il d'intéressant dans des caves, fussent-elles remplies de grands crus? Le seul bon souvenir qu'il en gardait c'était la dégustation. Était-il pour autant un alcoolique ? Non, il appréciait les bonnes choses. Encore quelque chose qui le différenciait de son cousin, qui lui ne faisait pratiquement la différence entre le vin et le coca. Contrairement à Tom, qui partageait les mêmes goûts que lui. Comme pour répondre à mes pensées, son oncle prononça des paroles qui confirmaient son appartenance au camp de Raphaël.
« Il en a pas. »
Ce cher Tom. La concision de sa réponse semblait encore augmenter l'ébahissement de ce pauvre Seth. Ses yeux avait atteint la taille d'une pièce d'une livre au moins, et il semblait que ça allait en augmentant. Malheureusement, Thomas semblait regretter ses paroles et se reprit.
« Sinon, tu n'as pas répondu à ma question. »
Quelle question ? Visiblement, il parlait de la discussion antérieure à l'arrivée de Raphaël. Il se désintéressa donc brièvement de la conversation qui ne le concernait pas, ne préférant pas perdre le soutien de son oncle. Écoutant d'une oreille le discours pitoyable de son cousin, Raphaël commença peu à peu à comprendre. Entre deux tentatives étant sensées faire s'apitoyer le reste du monde sur sa pauvre condition de branleur mal aimé, il reprit la question de son oncle, c'est à dire la réaction qu'il aurait si ce dernier était gravement malade. Visiblement vexé par la prise de position de Tom, il lui répondit de façon brusque, en n'oubliant pas de me mêler au passage. Soupir. Seth allait toujours dans le théâtral, on aurait dit qu'il faisait exprès de se rendre ridicule. Il aurait dû faire acteur, au lieu d'essayer d'obtenir une mélodie en torturant un Baldwin qu'il aurait fait payer à quelqu'un d'autre. Là, au moins, il aurait pû exprimer le soupçon de créativité qui sommeillait dans un amas de cellule grise inactives. « Et si vous voulez je vous laisse dîner en amoureux ! »
Pourrait-on s'enfoncer dans le cliché encore d'avantage, ou a-t-il atteint son paroxysme ? Il essayait de se faire prier, le pauvre chéri. Raphaël espérait qu'il n'était pas inclus dans ceux à émouvoir, la scène tirant plus sur le ridicule que le larmoyant. Seth ne s'attendait tout de même pas que Tom allait avoir la larme à l'oeil devant cette performance digne des Razzie Awards.
« Mon dieu Seth non ! La douleur de ta perte serait trop forte pour que je puisse la supporter. »
Il ne pouvait pas espérer d'autre réponse, si ? Il fuyait la confrontation, juste parce que Thomas avait fait une petite boutade ? Bon d'accord, Seth était lâche, mais quand même. C'était lui qui avait lancé le débat après tout.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité

MessageSujet: Re: PV ✿ Et si je te dis que tu es mien ?   Mer 11 Avr - 14:40

Un petit temps, un petit tour, et ce fut l’explosion. Ambroise avait bondit de sa chaise et le fiel dégoulinait de sa bouche. Les mots noirs comme le pétrole tachaient la table et plus encore la veste de Raphaël, Thomas s’était reculé sur sa chaise et regardait son neveu devenu fou qui le surplombait de toute sa colère. Une longue tirade aux angles affutés tranchait l’air, des tambours de piques résonnaient dans les tympans et pourtant. Pourtant Thomas distingua dans tout ça quelques couleurs. Comme une tache d’huile perdue d’un moteur sur le sol qui dispersait la lumière blanche en plusieurs nuances vives. Tom avait terriblement envie de sourire mais il se retenait tant bien que mal. Et puis le regard fiévreux de son neveu pianiste l’en dissuadait avec efficacité. Ambroise dans son emportement avait tout de même avoué que quelque chose lui tenait à cœur entre Tom et lui ; et le journaliste en était touché. Il faut dire que depuis son arrivée à Londres et les récents évènements à New York, sa sensibilité était plus puissante que jamais. Il avait presque l’impression d’avoir un trou à l’emplacement de son cœur qui était nu et à découvert face au monde. Tout le monde pouvait à tout moment venir et le lui prendre, ou jouer avec. Bien sûr il éloignait du mieux qu’il pouvait ceux capable de l’ébranler. Il évitait les sujets sensibles, bien que parfois il mettait les deux pieds dans le plat sans le savoir (et encore moins le vouloir) comme avec Hermia. La jeune peintre avait touché le journaliste comme jamais, elle avait tiré des profondeurs une énigme et l’avait rendue plus vivante. Hermia, il l’avait rencontré en accompagnant Pebble à une boutique de thé. La blonde, elle aussi, s’approchait à pas de loup vers son cœur vulnérable. Ce qu’il éprouvait surtout –ou ce qu’il croyait éprouver- c’était une profonde admiration dans ses effusions de femme. Mais aussi une tendresse amusante, comme devant une petite fille naïve. Bien sûr, il le savait, Pebble était bien plus que cela, elle était même dangereuse. Dangereuse pour son petit cœur.

Ambroise, il ne l’avait pas vu venir. Quand on y repense, c’est logique après tout. Il s’était vu refourgué l’enfant à peine quelques jours après son installation à Londres. Il avait été sa première relation stable. L’émotivité du garçon était perceptible bien qu’il ne sache pas à quelle point, et cela aussi le touchait. Thomas, quand il voyait Ambroise, il avait l’impression de voir un perdu, un gamin qui a perdu sa maman dans le supermarché. Parfois, il prenait plaisir à penser que lui, c’était l’inconnu qui l’aidait à la lui retrouver. Thomas se demandait souvent si Ambroise savait pourquoi il était ici, à Londres. Qu’il soit avec son oncle, ce n’est qu’une coïncidence. Mais pourquoi il est là, pourquoi on l’a envoyé dans cette école de commerce.
C’est compliqué de trouver un sens. Celui-ci est imposé, et cela rassure les égarés ou au contraire : ça les perd encore plus. Il faut travailler, faire avancer l’économie, se lever, prendre le métro et préparer le café du patron. Ce n’est pas la vie qu’on rêve d’avoir mais c’est celle qu’on prendrait volontiers pour ne pas être perdu. Pour ne pas avoir à chercher le sens de tous les jours. Partir à sa quête c’est se mettre en danger, risquer de se dire en se retournant sur sa vie : « ce n’est pas celle que j’aurai voulu, ce n’est pas celle qu’il me faut ». Thomas ne savait pas où en était Ambroise. Il fallait que le garçon prenne conscience, qu’il se réveille, qu’il y ait se déclic dans sa tête.

« Mon dieu Seth non ! La douleur de ta perte serait trop forte pour que je puisse la supporter. »

Tom, en voyant son neveu reprendre ses affaires et faire mine de partir, hésita un instant : valait-il mieux le laisser partir avec son amertume et le laisser se calmer, ou tempérer le jeu tout de suite ?
La dernière boutade de Raphaël n’aidait pas et tout de suite, Thomas ne savait plus ce qu’il avait devant les yeux : deux adultes ou des neveux capricieux et gratuitement méchants. Il se leva à son tour, contourna la table et Raphaël et posa ses lourdes mains sur les épaules d’Ambroise pour qu’il le regarde bien. Thomas était un homme petit et son neveu faisait une bonne tête de plus que lui. Néanmoins, depuis des mois qu’ils se côtoient, il avait toujours réussi à faire oublier ce complexe. C’était resté dans les esprits. Thomas était un petit homme mais avec de la présence. Et juste devant lui il avait un joli garçon qui s’était avoué splendide même s’il s’y était mal pris. Il dit :

« Ambroise, attends… écoute : les seuls avis qui comptent sont ceux des gens qu’on estime. Peu importe de savoir que tel ou tel idiot « a dit que ». Tant que toi tu sais que c’est faux, ce n’est pas important. Il y a des gens qui ne valent pas la peine d’être écoutés. Moi parfois j’étais à baffer, surtout avec ton père et pourtant, il ne m’a jamais filé aucune gifle, ou fait la gueule. Ou alors il fait bien semblant. Il a toujours grimacé devant ma moustache, c'est pour autant que je me la rase ! Ce que je veux te dire… c’est qu’il ne faut pas être démonté par les dires des personnes qui nous agacent ou qui ne nous aime pas. Ou faire semblant alors. Ils ne sont rien et ils ne doivent pas être plus. Je ne fais pas de préférence entre Raphaël et toi. Tu as passé l’âge d’avoir ce genre de réaction. Il lui fit un clin d’œil : il ne le gronde pas, il lui donne un conseil simplement en reprenant exactement ou presque sa phrase dans le London Eye. Il enchaina et il sut que ça allait créer un raz-de-marée de l’autre côté : de ce que peut bien dire ou penser Raphaël on s’en fiche, et encore plus de l’avis des gens sur lui. Ca ne concerne que sa personne, c’est son problème. Je vous aime tous les deux, pour différentes raisons justement parce que vous êtes différents. Enfin « Je vous aime »... en tout bien tout honneur bien sûr ! Il laissa un petit temps couler. Ce n'était pas son genre de s'épancher ainsi. Il était trop fier en général pour avouer, ce qui lui causait souvent quelques problèmes. Il a toujours fait semblant : ne pas montrer aux gens qu'ils ont de l'importance pour soi, sinon s'en est finit de vous et eux ils gagnent.

Raphaël allait sûrement se sentir délaissé… il faut dire que Tom était plus du cas de Seth : il y a des gens qui confondent Vuitton et Burberry ; lui il ne saurait même pas dire si tel vêtement ou tel sac est de marque ou non. Raphaël était un homme distingué, mais trop pour Ambroise, et pas de la même veine que Thomas (ce qui ne veut pas dire qu’il ne l’est pas). Raphaël discutait beaucoup même s’ils n’étaient pas du même monde. Bien qu’ils connaissent le luxe. Son neveu le faisait rire, il faut l’avouer : cet attrait tout particulier pour la mode, ces connaissances parfois quasiment impressionnantes… pour Tom, la mode risquait à tout moment de tomber dans le gouffre de la futilité. Par pour ce qu’elle est : la mode a réellement un poids, elle en dit long et beaucoup. Elle est bien bavarde. Non, ce qui la handicape, c’est comment les gens la perçoivent et ce qu’ils en font d’elle. Il y a des gens qui la voient, tel Ambroise comme le soupçonnait son oncle : de simples couleurs, ou un joug. Et il y a des gens qui la regardent, comme Raphaël : une expression, une manière de montrer ce qu’est la société, les regards aujourd’hui.

Enfin cela c’était ce que Thomas croyait et bien sûr il pouvait se tromper. Avec Raphaël, parfois la frontière était floue. Peut-être n’aime-t-il la mode que dans la forme, et pas dans le fond (ce que devait penser Ambroise, d’après Tom). Autrement dit, comme une simple frivolité. Si la mode est un art, il lui faudra du temps pour être acceptée comme tel. Et cet « art » semble être le centre de gravité de Raphaël. Comme pour Ambroise qui ne semble ne plus s’accrocher qu’au piano.

Thomas n’avaient pas connu ses neveux depuis l’enfance mais l’une des plus importantes causes de leur conflit était d’après lui, ainsi que leur sexualité différente et leur échelle décalée des valeurs, la définition de l’art.

« Vous n’avez plus 5 ans les garçons ! Arrêtez ! Je me fiche de savoir qui a commencé ! L’un est autant à blâmer que l’autre ! Vous n’avez donc aucun recul ? Aucune maturité ? C’est bon les filles on se calme maintenant ! » conclut-il en s’adressant à ses deux neveux. Il était un peu énervé il faut dire. « Je n’ai plus l’âge de m’occuper de telles gamineries ! » Il pointa un doigt menaçant vers le mignon Raphaël : « Et toi cesse un peu de regarder les gens de haut en te disant que tu vaux mieux qu’eux ! Qu’en sais-tu ? » et il finit par faire de grands yeux dangereux à Ambroise : « Qu’est-ce que vous voulez ? Que je vous prive de dessert ? » Il finit en haussant le ton d'un air plus agacé. Il était le plus sérieux au monde : « Si vous ne voulez pas être traités comme des gamins, ne vous comportez pas comme tels ! »

Tout le restaurant avait cessé de vivre pour les regarder. Certains en perdaient leur bouchée. Un silence lourd s’était installé. Thomas recontourna la table et Raphaël pour se rassoir et finir son assiette que Raphaël allait gentiment lui payer. Il prit son verre, bu une gorgée et reprit ses couverts.. Ce n’était pas une bonne idée de les avoir amenés tous les deux ici. Pour sa gouverne, il n’avait pas été mis au courant des tensions qui les séparaient. Aujourd’hui, il les avait découvertes et il s’était rendu compte combien elles étaient puériles, en toute objectivité. Ou peut-être était-ce lui qui se fatiguait et commençait à se faire vieux :

« Franchement, vous m’emmerdez. Il regarda Ambroise droit dans les yeux : ce devrait être à moi de partir. Je ne sais même pas pourquoi je me torture l’esprit à essayer de vous faire comprendre combien vos attitudes sont puériles. »
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité

MessageSujet: Re: PV ✿ Et si je te dis que tu es mien ?   Sam 19 Mai - 9:52

« Mon dieu Seth non ! La douleur de ta perte serait trop forte pour que je puisse la supporter. »

Un temps passa, et la pique de Raphaël resta en suspens.
Il ne sut jamais, à quel point Seth faillit lui tordre le cou, et s’il ne le fit pas, c’était uniquement pour Thomas. Son oncle avait été son premier et son seul point de repère à Londres. La seule famille avec qui il ne se soit jamais entendu (excepté Alice, bien sûr), s’il y avait une personne en ville, qu’il ne voulait pas décevoir, c’était Thomas. Le jeune homme était sûr qu’étrangler le second neveu de l’ancien journaliste ne lui ferait pas une grande joie. Ils ne pourraient plus bruncher au Golden Knife le jeudi, l’établissement appliquait la tolérance zéro quand il s’agissait de violence physique. Ainsi, les couples au pied du mur pouvaient se déchirer d’insultes à quelques mètres, se blessant autant que lors d’un pugilat, mais le contact était interdit. Seth serra les poings, il était encore à moitié debout, les coudes pliés, ses mains crispées sur la table.
Leur table. La sienne et celle de Thomas. Une table, juste une table, mais elle avait déjà vu passer tellement de repas entre Seth et son oncle ! Des moments simples, heureux, où les deux hommes avaient pu essayer de recréer les liens qu’ils n’avaient jamais eus. Et ils avaient réussi ! Ils avaient trouvé un équilibre, ils avaient cessé de marcher les bras en balancier. Mais voilà que maintenant, Raphaël se ramenait et foutait tout en l’air. Enfin… ça, Seth était habitué. Où qu’il aille, son cousin le suivait, comme une ombre, un rapace de mauvaise augure, prêt à le dévorer au moindre faux pas. Il avait au moins ça pour lui, il était complètement sans-gêne. C’était avec plaisir que Raphaël regardait son cousin s’embourber tout seul. Il avait fait remonter en Seth ses vieux instincts, ceux qu’avec peine il avait pris soin d’enterrer depuis qu’il était à Londres.
Immaturité, jalousie, besoin d’attention. En arrivant en Angleterre, Seth était un grand gamin, un peu capricieux et trop gâté par la vie. Il avait réussi à grandir, à mûrir, presque à devenir un homme. Et, il ne fallait pas se voiler la face, ce changement d’air n’y était pas pour rien. Plus de visages familiers pour lui rappeler sans cesse qu’il n’était qu’un looser fini. Juste celui de Thomas, souriant, rassurant, qui avait pris son parti et menti à son frère pour que Seth puisse un jour avoir un avenir brillant. Jusqu’à aujourd’hui, il avait très peu correspondu avec la France, ses anciens amis, ses parents, il y avait juste sa petite sœur, avec qui il discutait toutes les semaines par webcam interposées, mais c’était différent… Alice lui était indispensable. Son absence était insupportable, et Seth ne la comblait que par la musique. Il jouait… tout le temps. Il faisait la fête aussi, un peu… mais ça c’était une autre histoire.

Thomas avait parlé. Visiblement, il était de son côté, yay ! Mais il ne voulait pas blesser Raphaël non plus, il était trop bon. Ou trop pédagogue, c’était au choix. En même temps… s’il ne voulait pas que cette situation délicate n’arrive, il n’avait qu’à pas convier Raph au repas. Mais Tom ignorait tout du différent qui opposait ses deux neveux, et ça depuis une quinzaine d’années. Il ne le savait pas, tout simplement parce qu’il ne les avait pas vus grandir. Il était venu à une fête de noël, un enterrement ou un mariage… peut-être. Le fait était, que, avant de s’installer à Londres, Seth n’avait qu’une tante du côté Williams. Thomas n’existait qu’à travers les dires de son père, et ce n’était pas très glorieux.
Cependant, cette absence, Seth ne lui en tenait nullement rigueur. S’il avait été à la place de Thomas, New-Yorkais, journaliste réputé, une fille et pendant un temps, une femme, entre tout ça et trois morveux parisien, le choix était vite fait !

« Je préfère donc m’éclipser. Une minute de plus avec lui, serait fatal pour l’un de nous deux. Lui ou moi, et je pense que ça serait plutôt lui. »
soupira Seth, vaincu. Mais apparemment, le sermon de l’Ancêtre n’était pas fini, et, lui qui semblait plutôt calme au premier abord haussa le ton.

« Je n’ai plus l’âge de m’occuper de telles gamineries ! Qu’est-ce que vous voulez ? Que je vous prive de dessert ? » La dernière réplique de Tom fit sourire Seth. Le jeune homme répliqua au quart de tour : « Je regrette, c’est pas possible, c’est moi qui paye, c’est moi qui te prive de dessert tonton, pas l’inverse ! ». Il s’attendait à être ignoré comme d’habitude, et c’est exactement ce qu’il se passa. Thomas continua sur sa lancée, et sa tirade finit en apothéose ! Il avait du talent pour gronder les enfants, Seth était sûr que s’il l’avait connu dès le berceau, il l’aurait classé dans la catégorie « méchant vieux monsieur à ne pas énerver ». Actuellement… c’était précisément cette étiquette dont l’avait affublé Seth. Le jeune homme se sentait vraiment très c*n, intimement, il espérait que le fier, le mature, le calme, le sensible, le doué, l’orgueilleux, le détestable Raphaël le soit autant.

« Franchement, vous m’emmerdez. Ce devrait être à moi de partir. Je ne sais même pas pourquoi je me torture l’esprit à essayer de vous faire comprendre combien vos attitudes sont puériles. »


Seth savait que ce qu’il allait faire allait décevoir son oncle. Il le savait, et ça ne faisait que l’encourager. Il allait s’auto-détruire, comme le héros dans fight club, ça revenait à se mettre de l’acide sur la main et à endurer la douleur. Il allait louper ses examens, il s’était enfui lorsque Hope l’avait rappelé, et maintenant, il allait perdre le peu de famille auquel il tenait encore.

« Pas la peine, je suis déjà debout. » Il chercha dans sa poche son portefeuille, sortit le billet qu’il réservait toutes les semaines pour le repas, et le déposa sur la table d’un geste sec. Puis, il prit son verre, qui était, pour une fois, non pas rempli de soda, mais de vin (pour affiner ses papilles, d’après Thomas, il en avait besoin), le porta à sa bouche, prit une gorgée, et… balança le reste sur son cousin. « Oups. Je te payerais le pressing, y a pas de soucis, envoie moi la note, j’habite à un paté de maison de chez toi ! Oh et… Raphaël, je te conseil vivement de lâcher les basques de Mathias Killburn. Bonne soirée tonton ! » dit-il avant de tourner les talons, sur le regard éberlué des autres clients.

Il n’aurait pas dû, il n’aurait pas dû ….
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé

MessageSujet: Re: PV ✿ Et si je te dis que tu es mien ?   

Revenir en haut Aller en bas
 

PV ✿ Et si je te dis que tu es mien ?

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

 Sujets similaires

-
» Hérédité de la maternité ?
» Allaitement et la place du papa
» Traduction en patois pour un faire part de mariage (le mien) ;-)
» Savons journée Coatching Carouma, Crampo et elle06
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
BE AN ARTIST ϟ :: LONDON II :: 
AUTOUR DE LA TAMISE..
 :: 
THE GOLD KNIFE RESTAURANT.
-