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 PV ♥ A quoi tu penses ?

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MessageSujet: PV ♥ A quoi tu penses ?   Mer 29 Fév - 1:32

→ Fais-moi signe


Thomas ouvrit lentement les yeux. La marche des véhicules sur roue ou rail le berçait toujours et il s'endormait à chaque fois. Il était assez confortablement installé sur son siège, un noir profond défilant sous ses yeux, à travers la fenêtre. Il se racla la gorge et se redressa. Quand il s'était installé, il était presque seul. Désormais, une femme était assise sur le siège à sa gauche et en face d'elle, se tenait ce qui semblerait être sa sœur. Elles étaient jeunes, la quarantaine allante. Quand l'une d'entre elles souriait, elle perdait dix années. Tom cessa de les regarder et il jeta un bref regard à la femme en face de lui. Elle avait délicatement tenté de laisser une place à ses longues jambes entre celles de Thomas qui s'était mis à l'aise. Il s'excusa et se tassa un peu pour qu'elle ne soit pas trop à l'étroit. Elle ne devait pas être plus vieille que ses voisines, elle avait de jolis cheveux blonds qui respiraient le naturel, des yeux vifs et des fissures dans ses joues qui indiqueraient une joie peu commune.
Mais Tom s'en détourna très vite et laissa voguer son regard ailleurs.

Nous étions jeudi et comme tous les jeudis il s'était retrouvé dans le lit d'Evelyn en se réveillant. Evelyn était la mère de Mathias J. Killburn et il s'avérait que Mme Killburn était particulièrement sauvage au lit... ils s'étaient vu la veille à un café, elle avait discuté, il avait écouté et ils avaient fini chez l'avocate. Cela faisait plusieurs semaines que ça fonctionnait ainsi et ça convenait au journaliste. Evelyn n'était pas grand-chose pour le quarantenaire, juste une femme qui le satisfait. Une amie. Voire moins... il savait qu'Evelyn, elle, prenait plus à cœur leur relation. Aussi, pour ne pas la blesser, l'écoutait-il docilement raconter sa vie alors qu'il n'en avait rien à faire. Parfois ça le pesait, leurs rendez-vous au café étaient interminables et au final, le temps passé au lit ne compensait pas. Mais les longues tirades d'Evelyn avaient pour avantage étrange de reposer l'homme. Comme une série débile à la télé que l'on suit juste pour décompresser.
Comme tous les jeudis, il avait retrouvé pour déjeuner son neveu Seth. C'était un jeune homme adorable malgré sa bêtise. Il était gentil et rafraichissant, d'un certain côté. Leur rencontre s'était passée simplement, comme d'habitude. Ils avaient discuté, s'étaient un peu chamaillé et au final, ils avaient ri. La journée aurait pu être agréable s'il n'y avait pas eu cet autre rendez-vous. Les deux hommes devaient retrouver Hope au London Eye. Tom n'avait pas su décliner la proposition de monter dans la grande roue alors qu'il aurait dû le faire. Il n'avait pas du tout supporté le manège, un vertige immonde l'avait saisi et sa dignité en avait aussi beaucoup souffert. Ils sont redescendus de l'Oeil entiers mais ces émotions avaient terriblement fatigué l'homme qui avait préféré rentrer plutôt que de rester avec les tourtereaux. C'est avec une migraine affreuse, des paupières lourdes, les jambes en coton et les mains un peu tremblantes qu'il avait pris le métro.

Maintenant, il se sentait un peu mieux, il avait toujours une drôle de sensation dans les jambes mais il n'était plus fatigué, n'avait plus de douleurs et ses mains avaient cessé de trembler. En les examinant discrètement, posées et jointes sur ses genoux, il vit la tâche rouge de brûlure sur le dos de celle gauche. Il se l'était faite au speed-dating avec Elisabeth, en méprisant sa cigarette. La brûlure ne lui faisait plus mal mais la marque était toujours là.

Soudain du mouvement se fit près de lui. Il tourna distraitement la tête et, s’attendant à voir une chose banale, il fut bien surpris. Assez pour rester là à regarder ses voisines comme si elles étaient deux étoiles de la danse. Leurs mains, en suspend dans l’air, dessinaient des arabesques et des lignes droites. Elles se tordaient dans tous les sens, elles semblaient être animées par une énergie, une vie qui leur était propre. Elles s’agitaient comme deux monstres robotiques, calibrées pour se mettre à bouger quand celles de son interlocutrice avaient finis. Thomas comprit rapidement qu’elles étaient sourdes-muettes. Il était étrangement fasciné par la voracité de ces mains, leur souplesse. Ce langage-ci du corps était totalement inconnu de Tom, qui était pourtant un spécialiste de la communication. Celle-ci, le dépassait totalement. Quand il entendait un homme parler une langue étrangère autre que l’italien, il n’avait pas cet intérêt. C’était moins saisissant. Peut-être parce que cet homme parlait avec les mêmes instruments que Tom, autrement dit les mots. Ces mots étaient le quotidien de Tom, il les trouvait partout. Etre soudain confronté à une autre manière, plus belle peut-être, de partager avec l’autre était grisant. Bizarrement, il se sentait perdu. Il n’avait aucun repère dans les gestes des jeunes femmes. Ce n’était pas comme quand il entendait parler cet homme, il pouvait peut-être distinguer un mot, un son, similaire aux langues qu’il connaissait. Ce n’était pas comme ça là. Il n’y avait rien qui puisse l’aider à sortir de ce noir.
Tout à coup, la sœur sur sa gauche se tourna et planta son regard charbonneux dans le sien avant de faire un geste, avec un doigt en particulier, très peu distingué. Apparemment elles avaient peu apprécié qu’on les fixe ainsi, ce qui pouvait être compréhensible. Tom, surpris, ne répondit rien, pas même une bafouille. Le train s’arrêta en un crissement et les deux sœurs sortirent, furibondes.
Thomas affichait une mine étonnée, légèrement outrée, incompréhensive.

« Mais… que… ? »

Fatigué, il préféra ne pas savoir. Il soupira longuement et il rencontra les yeux bleus de la femme en face de lui. Ils se regardèrent un petit moment jusqu’à ce que Thomas, peut-être un peu gêné, ne se mette à sourire doucement en fuyant son regard.

« Tant de grossièreté de la part d’une si jolie femme ça me… ça… j’en perds mes mots ! »

Il soupira encore une fois. Il était un peu ridicule, mais ça pouvait le rendre mignon. Il rencontra furtivement le regard de sa voisine d’en face… non, d’accord, il n’était pas mignon. Le train reprit sa course comme si de rien n'était, crachant ses vapeurs sur l'incident qui venait de se produire. Il restait à Tom encore 4 stations. Profitant du départ des deux passagères, il se mit de biais et étendit ses jambes. Il n'y avait plus personne autour de Tom et de la blonde, ce qui ne déplaisait pas particulièrement au journaliste. De sa voisine pour le moment il s'en fichait, tout ce qu'il voyait, c'était un peu plus de calme émotionnellement, loin des doigts d'honneur. Ce tour dans le London Eye avait vivement écorché ses nerfs et il était plus sensible que d'habitude.
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MessageSujet: Re: PV ♥ A quoi tu penses ?   Dim 15 Avr - 20:54

Clap, Clap , Clap.

Les talons de Pebble martelaient les rues de Londres. Le caillou se tenait droite et digne malgré la taille vertigineuse de ses chaussures. Il fallait assurément une certaine classe pour marcher avec ces choses-là. Elle aimait bien le bruit que faisaient ces chaussures sur le sol, elle se sentait imposante, les gens se retournaient sur elle, avec parfois des regards d’admiration des jeunes filles qui, à leur âge, rêvent de porter leur première paire de talons. L’actrice n’avait pas arrêté depuis ce matin. Entre ces castings – elle avait peut-être réussi à décrocher un premier rôle dans une comédie amateur - , faire les boutiques pour aller aux dits castings, elle n’en pouvait plus. Il n’était que 15h, mais la belle blonde n’en pouvait déjà plus. Malheureusement, elle était tombée ce matin sur une annonce, un jeune qui recherchait une actrice, très peu payée, pour jouer dans un film étudiant. N’écoutant que sa générosité, Pebble s’était dit qu’elle pouvait dépanner, en acceptant de passer l’audition et de jouer gratuitement si besoin ait. Peut-être que secrètement, elle avait envie de retrouver la fougue des étudiants, de retrouver l’ambiance de ses premiers films. C’était donc à ce rendez-vous que courait la belle blonde et pour cela, devait prendre le métro.

Même en le prenant depuis sa plus tendre enfance, elle adorait le prendre. Malgré les couloirs sales, les odeurs nauséabondes mêlées de sueur et d’autres choses non identifiables, elle adorait l’ambiance. On ne se rend pas compte de l’impact du métro. Des rencontres qu’on pouvait faire, ou tout simplement analyser les gens. Toutes les classes sociales – à part les plus hautes – se mélangeaient dans le métro. Votre voisin pouvait très bien être PDG comme un ivrogne depuis des années. Il y a aussi les amitiés éphémères du métro, les personnes à qui on parle car on ne sait pas quoi faire, et le temps d’un trajet, on se trouve des tonnes de points communs et dans certains cas, on devient familier. On est sous terre, personne ne nous voit, Puis dehors, chacun reprend sa place dans l’immense hiérarchie sociale qui régit le monde, et on ne se connait plus. Ainsi va la vie . La belle blonde avait rencontré son agent comme cela. Dans le métro. Assez comique comme rencontre, mais celle-ci avait changé la vie. Pebble était assise sur la banquette, comme d’habitude, et examinait sa voisine, une femme assez âgée mais très respectable. N’écoutant que son courage, la jeune actrice à l’époque avait commencé la discussion, et de là, on ne sait par quel enchantement du destin, la vieille dame avait donné son numéro à Pebble. Quand celle-ci raconte cette histoire, on la croit que très peu , étant donné son caractère assez surréaliste.

C’est en pensant à tout cela que la jeune blonde descendait les marches de l’escalier. Elle se fit bousculer par un homme ce qui la fit tomber par terre. Il était un peu rondouillard avec de magnifiques yeux bleus. Vraiment, il était plein de charme. Celui-ci s’empressa de la relever, en exprimant ses plus sincères excuses. Puis sans plus, il partit. On faisait décidément des rencontres intrigantes, dans le métro. La belle blonde sortit son ticket, valida et attendait son métro, lorsqu’elle remarqua que l’homme qui l’avait bousculé était à 3 sièges d’elle. Celui-ci semblait regarder dans le vide, comme si il était ailleurs, déconnecté de la réalité. Le métro arriva et Pebble s’installa sur une banquette. Elle regarda avec dégout son siège, qui avait un chewing-gum collé dessous. Elle s’assit donc plus loin. L’homme la suivit et s’assit en face d’elle, sans rien dire. Sont arrivés deux jeunes filles, qui avaient l’air d’être seule. L’actrice regardait avec amusement la figure de son voisin. Les deux jeunes filles étaient muettes, et communiquait par langage des signes. Par chance, la jeune blonde avait apprit le langage des signes pour les besoins d’un film et donc les gestes des deux sœurs ne la surprenaient pas, ils étaient même familier pour elle. Cette langue était merveilleuse à ses yeux, parler avec les mains, toute leur gestuelle, pour une actrice, c’était fabuleux. Après tout, si une actrice arrivait à se faire comprendre sans parler, ce serait le summum de la consécration. Mais pour l’homme devant elle, cela devait être tout nouveau, car il les regardait avec des yeux ronds. Ces regards insistants ont évidemment été perçus par jeunes filles dont la réaction a été immédiate, un certain doigt fut levé. Immédiatement après, elles partirent, furibondes, laissant le charmant homme dans la consternation. Il regardait partout, l’air hagard en balbutiant :

« Tant de grossièreté de la part d’une si jolie femme ça me… ça… j’en perds mes mots ! »

Pebble se mit a rigolé ouvertement. Elle trouvait dans cet inconnu quelque chose de perturbant. Bizarrement, elle se sentait revivre comme si elle avait 15 ans, à l’âge de ses premiers émois. La belle blonde se sentait attirée par cet homme, il émanait de lui beaucoup de charme. Les sœurs étant parties, elle s’allongea un peu plus dans son fauteuil, posa le coude sur le rebord, et regarda par la fenêtre. Le paysage n’était pas palpitant et même monotone, mais cela lui laissait le temps de penser. Voir les mêmes briques passer, cela la reposait, et l’endormait. Son trajet était long, la belle blonde avait le temps de faire un petit somme. Après tout, elle était levée depuis ce matin 7h, en ayant dormi très peu cette nuit, ayant appris son rôle. Mon rôle. Et **** il faut que je le relise, pour être parfaite. L’actrice n’allait donc pas finir sa nuit tout de suite. Elle devait apprendre l’un des passages de la scène du balcon de Roméo et Juliette, de Shakespeare.

«Oh Romeo, Romeo, why art thou Roméo ? Deny thy father and refuse thy name or if you will not…if thou will not.. »

L’actrice maugréa. Sa mémoire était défaillante, et son texte pas très bien appris. Mais c’était tellement dur. Roméo et Juliette était pour elle l’une des plus belles pièces de Shakespeare, et elle ne voulait pas dénigrer le texte en le prononçant mal - car oui, l’ancien anglais est horriblement dur à dire - mais cela avait vraiment du mal à rentrer.

« If thou will not, be but sworm my love, and I’ll no longer be a Capulet . »

Pebble sursauta. C’était la fin de sa réplique. Elle se retourna, pour voir qui connaissait par cœur l’une de ses pièces favorites. Curieusement, c’était l’homme de tout à l’heure, un léger sourire au lèvre. Sans rien prononcer, il lui montra le livre qu’il lisait. Roméo et Juliette. Amusée, la belle blonde sourit et demanda :

« Amateur de Shakespeare ? »

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MessageSujet: Re: PV ♥ A quoi tu penses ?   Mer 25 Avr - 15:35

Le wagon était lancé, il tanguait légèrement et raclait le fer. Comme un western réussi de Sergio Léone et d’un harmonica, ça claque doucement. Comme si du pop-corn pétait dans son cœur. Mais ils prennent le temps de gonfler et dorer, de croustiller sous la langue des artères. Le train partait et on croyait voir filtrer la vapeur sous les rails. On découperait les fantômes de femmes, blondes ou brunes, à même la brume.
Thomas détourna le regard de la fenêtre. Il était fatigué, la mésaventure du London Eye, l’embrouille avec Seth, le mal-être de l’angoisse… les muettes, par contre, il les avait déjà oubliées. Ce n’était pas le plus important. Ca n’avait pas à l’être.
Il avait envie de rentrer chez lui, d’aller prendre toutes les couvertures possibles et de se mettre un DVD bien nul. Il n’en avait pas beaucoup. Les rares qu’il avait en fait, étaient bons. Les bons films en général, il les regardait au cinéma et les daubes il les avait en DVD pour qu’il puisse les regarder avec Carmen de temps en temps. Mais en quittant New York, il avait bien sûr laissé les DVDs de blockbusters et autre Télétubbies à sa fille –bien qu’elle ait passé l’âge pour regarder ça– et s’était gardé les quelques rares chefs-d’œuvre qu’il avait tenu à avoir chez lui. Le septième art en compte des centaines, mais lui, il n’en avait que trois. Si nous en parlions à des spécialistes, ils seraient même peut-être réticents à parler de « chefs-d’œuvre » pour ces trois-ci. Il avait Valse avec Bachir, de l’israélien Ari Folman et Le Temps qu’il reste & Intervention Divine, du palestinien Elia Suleiman.
C’était amusant de constater que ces trois films se situaient dans le même contexte politique. Au cœur du conflit israélo-palestinien. Et il ne l’avait pas fait exprès… c’est marrant de constater que l’Art, qu’on juge trop abstrait parfois, pouvait nous intéresser autant sur les choses sérieuses. Car avant, Thomas, bien qu’il la connaisse, il ne se préoccupait pas tant que ça de la guerre.
Il se frotta les yeux, se lissa machinalement la moustache, et rentra ses mains dans ses poches. Ca petite fille lui manquait, encore plus ce soir. Il n’y avait pas de raison particulière, mais simplement de repenser aux DVDs l’avait chagriné. Il ne savait pas si ça se lisait sur son visage et ce n’était pas important. Non. Il n’était pas vraiment triste. On n’est pas triste pour ça. Un peu mélancolique, rêveur, mais pas triste. Elle ne manquait de rien là-bas, et sa mère se sentait trop coupable pour se permettre de continuer à agir sans qu’elle soit vraiment là. Carmen et sa mère ne s’était jamais vraiment bien entendues. Après une grossesse, on n’est jamais belle comme avant. On l’est toujours mais d’une autre manière. Et avec cette autre manière, on ne plaisait pas aux mêmes hommes. Pas ceux que la femme aurait voulus. Il y a des mères qui ont l’instinct maternel, qui savent s’y faire avec les enfants, comprendre leurs babillements et leurs regards ; et d’autres non. Cette femme était de ce genre-ci. On ne pouvait pas dire que Carmen manquait d’affection, elle avait même été très aimée. Mais sa mère avait été comme absente. Effacée, au fond d’un tableau où son père avait dû prendre toute la place. Carmen avait une très haute estime de son père. Il ne pouvait pas la conseiller sur la tenue à prendre ou sur quel rouge à lèvre mettre ; pourtant c’était lui qu’elle était allée voir quand elle avait eu ses premiers doute au cœur, sur un garçon. Quelle attitude à suivre ? Comment ça marche un garçon ?

Thomas dans le train, la tête contre la vitre, se mit à sourire tendrement. Comment ça marche un garçon ? Ca garde la tête haute et les épaules ouvertes pour faire semblant. Dans un train, un garçon, ça tourne la tête vers la gauche en effleurant du regard les fossettes d’une belle femme assise en face. Mais il ne s’attarde pas le garçon, le garçon est un être orgueilleux qui n’oserait pas s’étendre. Le garçon ne s’enlise pas en terre inconnue. Si la femme était un désert elle serait aride. On peut s’y perdre et y perdre. Thomas baissa les yeux, à côté de ses chaussures. Cette femme à fossettes, il l’avait bien remarquée. Et il se doutait qu’elle aussi l’avait vu. Tout à l’heure, sans le faire exprès bien sûr, il l’avait bousculée et elle s’était retrouvé genoux à terre. Il s’était senti grossier et maladroit. Il s’était empressé de retrouver bonne figure et de la relever après de plates excuses. Il s’était quand même dit qu’avec des talons aussi hauts, ce serait compliqué de rester debout. On ne prend pas ce genre de Louboutins ou autres chaussures casse-gueule pour prendre le métro. Aussi jolies soient-elles.


« Oh Romeo, Romeo, why art thou Roméo ? Deny thy father and refuse thy name or if you will not… if thou will not… »

Elle portait du fard sombre sur ses yeux clairs, son visage se colorait de miel sous les lumières fatiguées et ses jambes pudiquement cachées jusqu’aux genoux luisaient faiblement dans les bas foncés. Et pendant ce temps, Shakespeare revivait sur sa langue, ses lèvres délicates épousaient les mots avec douceur mais hésitation… alors c’est avec douceur aussi qu’il répond, comme pour ne pas effrayer le bel animal…

« If thou will not, be but sworm my love, and I’ll no longer be a Capulet . »

Il n’a pas peur, il est toujours là. La femme relève les yeux, surprise et Thomas sourit. Il n’aimait pas beaucoup le théâtre, pas à la lecture du moins. Il préférait le voir, c’était un art fait pour être joué. On ne vit pas une pièce de théâtre en la lisant. Aussi n’en avait-il pas chez lui, à part les grands classiques théâtraux qu’il lisait une fois et puis après, ils finissaient par pourrir dans sa bibliothèque. Ce n’est pas du mépris et lui qui se permet de se dire connaisseur dans la littérature, n’est pas un idiot. Il aime le chocolat, mais pas le blanc. Lui il le préfère très noir.*
Non en fait, s’il connaissait la fin de la réplique de cette jeune femme, c’était déjà parce que c’est l’une des plus connue. Ensuite, pourquoi il la connait en ancien anglais… on ne sait pas vraiment. Sûrement à cause de la Mme Lachages, son professeur de littérature. Une horreur cette femme, il en frissonnerait encore aujourd’hui. Amateur de Shakespeare, lui ? Il fit une petite moue mais continua à sourire :

« Disons surtout que j’ai été bien maltraité… »

Il tendit sa main droite, la seule baguée, et la lui offrit :

« Thomas, enchanté. Je ne vous ai pas trop fait tout à l’heure, j’espère… ? »

Le métro s’arrêta à une station. Une vieille femme aux origines africaines vint s’asseoir près d’eux, juste à côté de la blonde. Une voix féminine alors, résonna dans tous les wagons : le train ne s’arrêta pas avant la station Waterloo (la station de Thomas). Il n’y eut aucune réaction. Thomas reporta alors son attention sur sa voisine aux fossettes. Il n’avait pas connu grand monde avec ce genre de fossettes. C’était ces creux au coin des joues qu’on voudrait croquer. Ou y loger un simple petit bisou, celui qu’on voudrait qu’il ne s’échappe jamais.
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