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 Follow me in my secret garden ~ R.W.

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MessageSujet: Follow me in my secret garden ~ R.W.    Mer 29 Fév - 11:44

    Take my hand we going somewhere else ;

    Le reflet dans la glace me renvoya l’image d’une jeune femme, aux cheveux blonds. Un visage aux traits arrondis, et aux beaux yeux bleus. J’aimais bien celle que j’étais devenue. J’avais juste du mal à m’y habituer. Parfois je vendrais mon âme pour pouvoir rester éternellement une enfant, protégée de toutes les poisses que l’on pouvait subir une fois devenu grand. Je savais que cette année serait placée à la fois sous le signe de la peur et de l’espoir. Ces deux sentiments étaient souvent intimement liés. Il y a quelques jours un acheteur avait posé une option sur mon tableau à la galerie, mais le lendemain il avait repéré une œuvre plus chère mais plus réputée. Déception. Et la crainte avait commencé à s’insinuer en moi comme un serpent, glissant, m’empoisonnant. Je dormais mal, dans mon appartement trop vide, je me réveillais parfois. Hurlant contre l’abandon, l’écho de mes cris me glaçait le sang. Mes cauchemars arboraient toujours l’avenir, de gros nuages gris, de la pluie, et moi. Seule. Toujours toute seule. Je n’en pouvais plus, il fallait que je change d’air. Aujourd’hui, il fallait que ça cesse. Si je n’avais pas assez de talent pour pouvoir percer un jour et devenir une peintre reconnue et respectée, soit. Mais à vingt-et-un an on ne pouvait pas déjà baisser les bras. Je passais un coup d’eau glacée sur mon visage et pris une grande respiration. Avant de détourner mon regard du reflet creusé par de grosses cernes, et de tourner les talons à la recherche de ma parka.
    Et une minute plus tard me voilà dehors. L’air frais de Londres était des plus rafraichissants sur mon visage encore humide. Je savais exactement de quoi j’avais besoin pour me revigorer et me remonter le moral… Londres est une ville qui regorge de surprises, et je suis encore loin de les avoir tous découverts, mais j’ai trouvé mon repère. Les citadins ont des œillères, pour se réinventer ils préfèrent se faire un nouveau tatouage, un nouveau piercing, une injection de botox. Je vois les choses autrement, je n’ai nul besoin de modifier mon apparence, s’il y a un problème il vient de l’intérieur, alors je m’enfuis. Parfois loin, parfois jusqu’à côté, jusqu’à ma sublime découverte je errais dans les rues à la recherche de salons de thé tranquilles, où de jardins cachés, mais maintenant je n’ai plus besoin de courir. A vrai dire je suis tombée dessus par hasard, et tomber n’est pas qu’une façon de parler, je me suis littéralement ramassée face contre terre. Sur l’un des petits chemins du St James Park, bordant les grandes pelouses où les familles aiment pique-niquer, les gamins jouer au foot, les amoureux se peloter sous les yeux de tout ce beau monde, il y en a qui ne sont vraiment pas gênés ! Bref, mon talon s’était coincé je ne sais où et je m’étais rétamée avec une élégance folle, m’écorchant largement les coudes et m’éraflant la joue. J’ai tourné la tête en me relevant et j’ai remarqué qu’entre les feuilles de cette haie il y avait un espace conséquent. Bon nombre d’autres personnes n’auraient rien vu, c’est peut être ma sensibilité de peintre qui a joué.
    C’est la clé de la réussite, l’observation, l’analyse, c’est tout l’aspect technique de mon art. Après bien sûr que le talent et la passion pèsent beaucoup dans la balance, mais indéniablement, de tous mes sens, la vue est le plus développé. Cet étrange interstice m’a donc intriguée, toutes les haies étant parfaitement entretenues, ça ne pouvait pas être le fruit du hasard, et effectivement, je ne me trompais pas. Je me glissais par ce trou, et brusquement, c’est comme si j’avais été propulsée au Pays des Merveilles. Sur une quinzaine de mètres carrés encadrés par les hauts buissons qui protégeaient des regards, se trouvaient une minuscule mare et deux arbres reliés par le même tronc qui prenait la forme d’une couche naturelle. J’aime bien y passer du temps, venir pour m’y allonger, remettre un peu d’ordre dans ma tête, faire quelques croquis. Pour un jour comme aujourd’hui, cela me semblait tout indiqué ! D’un pas pressé je me dirigeais vers mon havre de paix. J’avais de la chance, mon appartement se trouvait à, à peine quelques minutes de St James, et déjà je dépassais les grilles du parc.
    Soudain, sur le chemin je reconnu la tignasse brune de Raphaël Williams, le cousin d’Alice. Nous nous étions rencontrés quelques semaines plus tôt, c’était un grand amateur de thé, il trainait souvent à Covent Garden, et possédait quelques traits familiers à ma meilleure amie qui ne trompaient pas sur leur appartenance à la même famille. C’est ainsi que nous avons fait connaissance, le monde est petit, mais pas si petit que ça, je n’ai toujours pas rencontré le frère de Lily. Cette dernière m’ayant promis qu’en cas de problème Seth était une épaule sur laquelle on pouvait s’appuyer. Mais pour l’instant Raph assumait parfaitement cette tâche. Je ne pus m’empêcher de sourire à l’idée de le prendre par surprise. Je me mis à accélérer encore plus le pas, en prenant bien soin toutefois de ne pas faire claquer mes talons sur les cailloux, et me faufilais derrière le beau jeune homme.
    « Bouh ! » m’exclamais-je en lui cachant les yeux avec mes mains. Ça pouvait sembler totalement puéril, à vrai dire je me fichais un peu de ce que les gens pouvaient penser de moi. « Je sais que tu sais qui c’est, ce n’est même pas du jeu ! »
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MessageSujet: Re: Follow me in my secret garden ~ R.W.    Jeu 1 Mar - 20:20

    L'araignée se promenait tranquillement sur le plafond, faisant fi de tous les produits sensés la tuer dans lesquels Raphaël dépensait une fortune. Elle se baladait tout simplement, sur la peinture blanche, évitant les endroits où le revêtement était écaillé. Après avoir traversé la pièce par le haut, elle rejoint la toile qu'elle avait dû tisser, et qui avait échappé aux attaques du locataire légal de l'appartement. Contrairement à son habitude, cette vision n'énerva pas vraiment Raphaël. Flemme. Même, au lieu de le mettre dans une colère noir, elle remit en cause son aversion contre ces êtres si répugnants qu'étaient les araignées, une aversion qui datait de sa petite enfance. Son karma en était affecté, c'était certain, et il semblait clair que c'était la cause de tous les emmerdements que Raphaël rencontrait ces temps ci. Même si ce débat intérieur aboutit au fait que l'extermination de l'arachnide était la meilleure solution, il eut aussi comme effet de le sortir de la torpeur qui l'habitait depuis son réveil – depuis au moins 1h30, donc. Il ne pouvait pas gâcher un beau samedi comme celui-ci en chassant des araignées. Il se leva, motivé à bloc, ouvrit ses volets et respira l'air frais londonien. Une fois l'appartement aéré, il prit une douche rapide, s'habilla avec soin et mit de l'eau à bouillir pour un thé. Il faisait beau, pas mal de gens étaient partis au ski, c'était le moment idéal pour Picadilly Circus. Son salaire venait de tomber, et il avait eu la prime de 70£ du meilleur employé (parce que son chef était amoureux de lui, haha). Ce n'était pas grand chose, mais il avait besoin d'une nouvelle écharpe, et il y avait beaucoup de livres qu'il voulait acheter. Il pourrait déjeuner rapidement chez Harrod's, ça faisait une éternité qu'il n'y était pas allé. Animé par cette volonté de profiter de la journée, il avala en toute hâte son petit déjeuner et enfila son vieux manteau, espérant rentrer avec un neuf. Même si il faisait beau, on était tout de même en février, il prit donc un parapluie, le transparent qu'il avait acheté en fripes. Il sortit de chez lui en prenant soin de bien fermer la porte. Vu les voisins chelous, je vais rentrer et trouver mon appart remplit de poupée avec des godes ceintures sur la têtes si je laisse ouvert. Pour ne pas risquer de gâcher sa journée avec une des fréquentes pannes qui affectaient l'ascenseur, il dévala les 5 étages de l'immeuble sans croiser un des dits voisins, à son grand soulagement. Il lui faisait un peu peur, en vérité. Il arriva dans la rue, plus vide qu'à l'habitude. Londres était bien plus jolie sans tous ces touristes qui grouillaient partout, excités comme des puces. C'était une des raisons pour lesquelles il préférait Paris à Londres. Paris était plus tranquille, plus ensoleillée. Il préférait largement le Jardin du Luxembourg au Hyde Park. Le Centre Pompidou au Tate Modern. La Sorbonne à la British Library. Mais ça, il le gardait pour lui, car ses collègues étaient bien anglais, avec un taux de chauvinisme relativement élevé. Et puis Londres n'était pas si mal que ça. Après un kilomètre de marche, il se rendit compte qu'il avait surestimée son potentiel d'endurance, et traverser Londres à pied n'était finalement pas une super idée. Il essaya donc d'appeler un taxi, mais aucun ne semblait s'apercevoir de sa présence. À Paris les taxis s'arrêtent eux! Refusant de s'énerver, il se dit que, finalement, ce n'était pas si loin que ça. Et puis, il avait besoin d'exercice. Il aperçu les grilles en fonte de St James Park, qu'il contait traverser dans la largeur, ce qui lui éviterais d'avoir à en faire le tour. Même si Londres l'exaspérait des fois, Raphaël devait avouer que certains endroits de la ville étaient magnifiques. Comme ce parc. Rien que la porte pour y entrer était superbe. En face de Buckingham, ce portail était semblable à un énorme bijoux, sculpté, délicatement ciselé, peint en doré par endroit. Il avait même sa place dans le diaporama fond d'écran du portable de Raphaël. En franchissant le gigantesque porche, on entrait dans un lieu splendide. La végétation était luxuriante mais maitrisée, nette et précise. Harmonieuse, recevant les bons soins des innombrable jardiniers qui s'occupaient des non moins innombrables parcs de la capitale. Raphaël avait passé beaucoup de temps dans ce jardin dernièrement, car c'était le lieu qu'avaient choisi Carven et Rochas pour faire la présentation de leurs collections Printemps-Été, auxquelles il avait été convié en qualité de représentant de la Fondation Cartier en collaboration avec le Harper's Bazaar. Il se baladait au bord du lac remplit de cygnes en repensant au défilé quand des mains bandèrent ses yeux, et une voix malicieuse parla au creux de son cou.
    « - Bouh ! Je sais que tu sais qui c'est, ce n'est même pas du jeu ! »
    Seules deux personnes pouvaient faire ce genre de farces, et une seule d'entre elle était à Londres. Il répondit avec une tentative d'humour, sachant dors et déjà que sa blague était pitoyable et qu'elle lui vaudrait mille moqueries.
    « - Margaret? C'est toi? Oh mon dieu je croyais que tu ne pouvais plus sortir depuis ton Alzheimer ! »
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MessageSujet: Re: Follow me in my secret garden ~ R.W.    Sam 3 Mar - 15:01

    Hermia, ton rire est magique. Mes mères me le disaient souvent. Quand j’étais petite je n’étais pas le genre d’enfant qui rigolait à tout va. J’étais une petite fille calme, silencieuse, discrète. Heurtée par la vie et surtout par les autres, je n’osais pas jamais montrer ma joie, je souriais peu, et je riais encore moins. Ça peut sembler triste, une enfant repliée sur elle-même à ce point. Et je l’étais, triste. Mais à la maison, avec mes aquarelles et mes deux mamans qui me prodiguaient tout l’amour dont j’avais besoin, j’étais sans doute la plus heureuse des petites filles. Enjouée, enthousiaste, et là, je riais beaucoup de mon rire magique. Ce n’est pas pour me vanter, loin de moi cette idée, mais j’ai la chance de faire partie de ces personnes qui ont ces rires cristallins. C’est rare, la plupart des gens émettent des bruits peu élégants qui se rapportent plus au cochon, mais d’autres, arrivent à transmettre leur joie. J’aime voir mes amis sourire, juste ce petit mouvement, la commissure des lèvres qui se soulève. Il n’y a rien de plus grisant que de partager son bonheur. Ceci dit, encore une fois c’est dans mes cordes de communiquer mes émotions, c’est aussi une des nombreuses fonctions du peintre…
    Bref, tout ça pour dire, qu’au contact de Raph, tout perdait son sens. C’est assez compliqué à expliquer, surtout qu’on ne se connait pas depuis très longtemps, mais je ressens quelque chose assez indéfinissable à l’égard du jeune homme. Ce n’est pas de l’amour, je ne pense pas, ou alors j’ai complètement déraillé. Je sais que Raphaël est gay, il aime les hommes, et ça m’arrange, je sais que je n’aurais jamais aucune chance avec lui. Ça nous permet d’entretenir une amitié parfaite et sans ambiguïté, et j’en ai bien besoin ! A Londres, Raph doit s’en doute être mon meilleur ami, et un de mes seuls amis d’ailleurs …

    « - Margaret? C'est toi? Oh mon dieu je croyais que tu ne pouvais plus sortir depuis ton Alzheimer ! »

    Sans enlever mes mains de ses yeux, je me mis face à lui. C’était une manœuvre plus compliquée qu’elle n’y paraissait, qui nécessitait un certain mouvement de bras, mais j’avais de l’expérience à ce petit jeu-là, ça ne me posait plus de problème (j’ai bien faillit me faire une entorse à cause de ça il y a trois ans, croyez-moi, c’est vraiment beaucoup plus dur qu’on le croit !). Je ris doucement à sa blague. J’aimais bien l’humour de Raph, mais si parfois il était vaseux, j’appréciais ses références. Je ne savais pas si comme sa cousine, Alice, il venait d’un milieu distingué, mais plus je passais du temps avec lui, plus le doute sur les origines du garçon s’atténuait. Ces petits clins d’oeil, politiques et autres, sur les grands noms qu’il admirait, s’il ne venait pas d’une famille aisée, il en avait pris tous les tiques, et c’était loin d’être un mal. Même si j’étais loin d’être aussi cultivée que lui sur la mode, ou les grandes familles anglaises, je partageais son sens de la vanne, et c’est aussi ça qui nous a beaucoup rapproché (oui, nos blagues sont parfois très très spéciales, et surtout très très nulles).

    « Et bien si, tu vois, tout arrive ! » dis-je en rentrant dans son jeu et en lui rendant sa vue. Je le pris de surprise encore une fois en lui souriant et en le prenant dans mes bras. Je n’étais pas une grande fan des démonstrations d’affections, mais j’avais bien besoin d’un petit câlin aujourd’hui … Après cette bref étreinte je le lâchais, et détaillait son visage. Raph avait de très beaux traits, fins, harmonieux et doux, j’aurais plaisir à le peindre si j’en avais l’occasion, un jour.

    « C’est une magnifique journée, hein. Tu n’habites pas dans le coin, si ? Qu’est-ce que tu fais ici ? » Sans qu’il ait le temps de répondre je le coupais déjà « Non, stop, ne dis rien. J’avais un peu le cafard et aucune envie de rester chez moi à buller… en plus pour une fois que j’ai un jour de congé ! Suis-moi, et ne pose pas de question ! »

    A présent mes yeux pétillaient de malice, je lui pris la main et commençais à l’entrainer d’un pas vif vers mon petit jardin secret qui se trouvait quand même à deux minutes de l’endroit où nous nous trouvions. L’émotion commençait à se faire sentir au creux de mon estomac. C’est la première fois que je montrais à quelqu’un mon endroit. Raphaël était mon meilleur ami à Londres, j’étais prête à changer ce « mon » en « nôtre ».
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MessageSujet: Re: Follow me in my secret garden ~ R.W.    Sam 14 Avr - 9:45

Lost In Translation. Ce film résumait bien la situation de Raphaël pendant ses premiers mois à Londres. Pas à cause de la langue, non, il maitrisait très bien l'anglais. Mais ce sentiment d'être déraciné, de solitude, que Scarlett Johanson et Bill Murray ressentaient. Passée l'excitation du début, Raphaël s'était peu à peu enfoncé dans une mélancolie constante. Il ne faisait que travailler, les gens de la fondation n'étaient pas vraiment très agréables, pas très liants. Un gros cafard qui s'accrochait. Entre la dépression et le dimanche après-midi pluvieux. La plupart de ses amis de l'université étaient restés aux Pays-Bas, et n'étant pas très sociable, il était resté tout seul. Son seul loisir était la photo, mais la ligne colorée et vintage qu'il avait entamée s'est vite dégradée, et il avait perdu sa motivation. Il ne voyait que Tom, qui semblait désolé par sa situation, mais qui ne pouvais pas y faire grand chose. Puis, il avait repris contact avec Hermia. À Paris, elle avait été une de ses meilleures amies, mais quand elle était partie en Angleterre et lui aux Pays-Bas, ils s'étaient perdus de vue, s'envoyant à peine un mail tous les trois mois. Mais elle ne voyait que le bon coté des choses, comme si ces trois ans n'avaient été que trois semaines et qu'ils se connaissaient toujours parfaitement. Alors que, même si aujourd'hui c'était presque redevenu complètement vrai, à ce moment là, c'était à peine si on se souvenait de l'anniversaire de l'autre. C'était elle qui était venue vers lui, par l'intermédiaire d'Alice, et qui le remotivat pour . Raphaël s'était remis à sortir, et ils se voyaient presque tout le temps, même si ils n'habitaient pas dans le même quartier.

Ce genre de scènes arrivait donc régulièrement, et il avait appris à ne pas bouger tant qu'elle n'avait pas décidé que son petit jeu était terminé. Heureusement, elle n'était pas assez patiente pour le faire attendre pendant des heures. Après sa blague pitoyable, Hermia eu un petit rire, surement un rire solidaire, avant d'entamer une manœuvre complexe, apparemment destinée à la faire changer de place, la plaçant ainsi devant lui toujours sans lui permettre de voir ce qui se passait au delà de ses blanches mimines.
« Et bien si, tu vois, tout arrive ! » Elle retira ses mains des paupières de Raphaël, et sans lui laisser le temps de respirer, le serra dans ses bras, chose inhabituelle de sa part. Mais il lui rendit son étreinte sans se poser de questions. Quand elle le relâcha, elle était rayonnante. Hermia de bonne humeur, c'était quelque chose de magique. C'était comme voir les joaillier déposer les nouveaux bijoux en vitrine, quand ils révèlent leurs parurent pleines d'éclats. Hermia, elle, était une parure Cartier, faite de diamant pur et d'or. Seth c'est une bague en toc qu'on trouve dans les distributeurs. « C’est une magnifique journée, hein. Tu n’habites pas dans le coin, si ? Qu’est-ce que tu fais ici ? Non, stop, ne dis rien. J’avais un peu le cafard et aucune envie de rester chez moi à buller… en plus pour une fois que j’ai un jour de congé ! Suis-moi, et ne pose pas de question ! »
Elle semblait toute excitée, et Raphaël n'avait aucune envie de gâcher son plaisir apparent.
« Vrai ! Mais il paraît que ça ne va pas durer. Tiens, on me fait des cachoteries ? »
Malgré cela, il la suivi docilement à travers le parc, sans aucune autres explications. Elle était têtue de toutes façons, il n'apprendrait rien avant qu'elle ne l'ai décidé. Il accéléra le pas, décidément intrigué par tant de secrets.
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MessageSujet: Re: Follow me in my secret garden ~ R.W.    Dim 15 Avr - 17:59

« Vrai ! Mais il paraît que ça ne va pas durer. Tiens, on me fait des cachoteries ? »
Comme à son habitude, Raphaël se montrait dubitatif. C’était vraiment le genre de garçon qui avait les pieds sur terre. On était vraiment différents sur tous les points, lui et moi. On se complétait. Moi je n’avais qu’une envie, c’était d’apprendre à voler, et lui, il me ramenait inlassablement sur terre. Raph, c’était mon gardien, toutes mes fantaisies ne le dérangeaient pas, c’était vraiment l’ami idéal. A l’écoute et compréhensif. De mon côté, j’essayais d’être toujours là pour lui. Le nombre de fois depuis son arrivée à Londres qu’il avait sonné à ma porte pour se changer après avoir renversé son Starbuck sur sa chemise ! Même s’il essayait de faire croire à une classe naturelle, en se tenant droit et en marchant dans des manteaux qui coutaient les yeux de la tête, il était vraiment maladroit ! Tellement qu’au bout de la troisième fois, on a pris l’habitude de toujours laisser un vêtement de rechange chez moi !
Enfin, il se laissa faire quand je pris sa main pour le trainer à toute allure à travers l’immense parc. Je résistais à l’envie de me retourner pour voir sa tête lorsque nous passâmes dans l’herbe boueuse, encore humide de la pluie de la veille et de la rosée du matin. Je n’avais pas fait attention aux chaussures qu’il portait aujourd’hui. Sans doute assez peu adéquate, peu importait, je serais étonnée d’apprendre Raphaël Williams possédait dans son armoire une paire de bottes et caoutchouc spéciales marécages ! Raph était un Parisien pure souche, un citadin. Je doutais même qu’il soit déjà allé à la campagne ou même dans une ferme. Moi, ça me connaissait la gadoue, à Chester, là où j’ai passé mes premières années, nous étions installées dans une petite maison juste à côté d’un centre équestre ! Je n’ai pas vraiment de souvenirs de cette période de ma vie, mais quelques clichées nous montrent, mes mamans et moi dans leurs bras, en train de rendre visite aux magnifiques équidés. J’ai toujours admiré ces belles bêtes et si je n’habitais pas en plein cœur de Londres, je pense que j’aurais fait de l’équitation !
Soudain, je m’arrêtais face à la jolie haie toujours parfaitement entretenue. Bon, ça allait être folklorique, Raph allait certainement refuser s’agenouiller dans de la terre fraiche et salir son coquet pantalon de toile. Je me mordis la lèvre de ne pas avoir pensé à ça. Avec le sourire le plus convaincant du monde, je me retournais vers mon meilleur ami.

« Hum. Par contre, je sens que tu ne vas pas aimer. Il va falloir ramper. » lui dis-je sur le ton le plus joyeux et optimiste que j’avais en réserve. Il était vraiment difficile de croire que quelques minutes avant ma rencontre avec Raphaël j’étais littéralement à bout de nerfs. Rien qu’être avec lui, ça me remontait grandement le moral. Les Williams étaient des gens bien, je ne connaissais pas beaucoup mes familles maternelles, il y avait eu beaucoup de problèmes entre mes mères et leurs parents. Mes aïeux n’avaient pas bien acceptés les orientations sexuelles de leurs filles et ils avaient complètement coupés les ponts. Peut-être bien qu’ils étaient morts. Je ne les ai jamais connus et ils ne m’ont jamais envoyé ne serait-ce qu’une seule petite carte pour me souhaiter mon anniversaire. J’ai toujours plus ou moins souffert de ce manque, quand, après les vacances de Noël les autres enfants se racontaient leurs vacances, les magnifiques cadeaux qu’ils avaient eus, qu’une tante ou un oncle leur avait offert. Mais depuis cinq ans, depuis que j’ai fait la connaissance d’Alice, je considère chaque Williams comme un de mes proches. Raphaël est un frère, Alice la sœur que j’ai toujours voulu avoir et Thomas … il est ce qui s’approche le plus d’un père ou d’un oncle.

« S’il-te-plait Raph, fais-le pour moi, d’accord ? » soupirais-je en plantant mes prunelles saphirs dans celles sombres du jeune homme. Impossible de dire non quand votre meilleure amie vous demandait une petite faveur chère à son cœur avec cette moue, non ? Ou bien Raphaël était vraiment plus têtu que je ne me l’imaginais. Pour l’encourager à se glisser dans le trou, je décidais de le précéder. Rapidement, je lui lâchais la main et me glissais entre les feuilles, disparaissant de son champ de vision.

« Allez viens Raph ! On est bien ici ! » l’appelais-je, non sans une référence à une vidéo bizarre sur laquelle j’étais tombée peu de temps auparavant.

Spoiler:
 
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