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 [pv] 26 chiens

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MessageSujet: [pv] 26 chiens   Lun 5 Mar - 19:22

Je mets pas en couleur parce que sinon ça tuerait le bleu. Mais c'est Tom qui parle, c'est bien Tom qui raconte son rêve.

« J’ai toujours ce rêve où, alors que la mer est d’huile, le ciel orange de nuages et les bâtiments éventrés ; je ressors de l’eau et échoue sur la plage. J’avais nagé, en craignant un feu à chaque fois que ma tête resurgissait à la surface. La mer était calme, pas de courant, pratiquement pas de vagues. Et… moi aussi j’étais calme. Une espèce de tranquillité intérieure, comme si la mer me portait. Et à la fois j’avais peur, j’avais la peur au ventre, peur de perdre mes forces et de me noyer.

Tout en nageant, dans cette espèce de calme presque idyllique, soudain, il y a eu un fracas étourdissant et je me suis retrouvée aspiré dans l’eau, comme si elle vibrait. Moi aussi du coup je tremblais de partout, j’avais très très peur. Je vibrais avec elle, de tout mon corps. Peu à peu je me suis senti paralysé, je ne pouvais plus bouger aucun de mes membres. Et j’ai vogué…

Je ne sais comment, j’ai réussi à atteindre cette plage, au ciel orange de nuages, aux vagues d’huiles et aux bâtiments éventrés. J’en ressors avec pour seul habit une arme. Je ne suis pas seul, il y en a d’autres comme moi, mais je ne connais pas leur nom. J’avance, des vêtements trainaient dans le sable. Je les prends, ils sont trop grands pour moi. J’ai pris la route qui s’ouvrait, béante devant nos yeux. Le portrait d’un homme était peint sur les murs. Des affiches à son effigie comblaient les trous. Je ne le connaissais pas, mais il était pour le peuple de cette ville morte ce qu’était David Bowie pour moi : une star. Il l’aimait, tant que ça basculerai presque dans l’érotique. Peut-être était-ce le cas.
Sur ma gauche alors, surgissent les flots sombres. Autour de moi sortaient des femmes pleurantes. Elles étranglaient des prières, elles passaient autour de moi sans me voir, j’avais peur. Quelque chose me disait que c’était moi qui avais provoqué leurs larmes. Je baissais la tête penaud, et me recroquevillais sur mon arme. Bientôt elles n’étaient plus là, mais je suis resté à ma place, haletant. Leurs regards me restant en travers de la gorge, armant l’air de lames.
Après ce qui semble être une éternité, des hurlements tout à coup, inhumains. J’entends un pas de course, on vient vers moi, c’est tout près, je les vois déjà. Je distingue tout, leurs cicatrices, leurs yeux fous. Se portent devant moi, rugissant comme une même bête, 26 chiens et leur gueule d’assassin. Ils sont là, plantés, et ils aboient. Pas 28, pas 30. Ils sont 26.


Et je me réveille. »

Thomas racontait sagement son histoire au marchand. C'était un jeune trentenaire à l'air bête. Thomas avait longuement parlé, d'une voix claire malgré l'heure tardive, il devait être près de 3h du matin. Il s'était réveillé à cause de ce rêve hallucinant sur la mère et les 26 chiens de la ville morte. Cela fait des années qu'il fait toutes les nuits le même songe. Il est sombre, il a peur, mais ce n'est pas un cauchemar. Quand il se réveille, un bien étrange le prend comme quand il nageait.
Il n'en avait pas parlé à Ambroise, ni à Raphaël, pas non plus à Hope ou Pebble. Il gardait ce rêve étrange pour lui seul. Comme un garçon qui protègerait sa dernière trouvaille.

Il s'était donc encore une fois réveillé après ce film. Généralement, le songe diffère aux nuits : parfois il ne verra que les chiens, par d'autres moments il ne fera que nager dans la mer. Cette nuit par contre, il avait tout revécu, de A à Z. Il l'avait vécu comme jamais, sentant la vie véritable dans le plus profond de ses entrailles. Les museaux des 26 n'ont jamais été aussi précis, leurs aboiements n'avaient jamais été aussi grondants et forts, leurs cicatrices... l'eau de la Manche n'avait jamais été aussi froide et mordante sur sa peau, si lourde, si vaste. Et le regard de ces femmes, ce terrible...

Il n'en est pas sûr, mais Tom pense qu'il a pleuré.


En les voyant arriver, à plus de 3h du matin, le marchand avait cru perdre pied. Il n'avait presque jamais de clients. Juste des jeunes un peu bourrés, mais ce n'était pas la période. D'abord, ce fut le journaliste qui arriva à son stand. Il était habillé simplement mais avec soin : le long manteau noir était fermé consciencieusement, l’écharpe nouée délicatement. Pourtant, Tom avait l’air dépravé avec ses cheveux un peu grisonnant sous la lune et en bataille. Ses yeux étaient ceux clairs et cernés de l’insomniaque.

Puis après, des pas féminins claquèrent majestueusement dans la nuit noire. Tom n’avait pas beaucoup porté attention à la nouvelle arrivée, préoccupé par son songe. Elle était belle, croit-il. Mais il n’a pas fait attention.
Alors que le jeune homme s’occupait à préparer les sandwichs, il avait demandé sur un ton guilleret, pourquoi ils étaient debout à 3h du matin. La demoiselle avait répondu, et après ce qui devait être un long silence, Tom avait expliqué que suite à un songe, il n’arrivait plus à se rendormir et qu’il avait eu envie de se promener.

C’est alors que le marchant lui avait proposé, en cette nuit noire de février, devant une jeune femme et un trentenaire raté, de raconter ce rêve.
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MessageSujet: Re: [pv] 26 chiens   Mer 7 Mar - 12:34

1heure 32 du matin. Mon magnifique visage se tourna vers le réveil. Je ne savais pourquoi mais impossible de trouver le sommeil.Être seule ne me réussisait pas. Je m’étais réveillée deux heures auparavant et depuis, je tournai et retournais dans mon lit. L’horreur. Car le fait de ne pas dormir laissait des marques. Des cernes immenses, qui se cachaient avec du maquillage, mais pas entièrement. Et pour les gigantesques photos de Dolce & Gabanna, je devais avoir une peau et un visage parfait. Je soupirai et me redressa avant de me lever.Mes pieds glissèrent dans le pantoufles blanches pelucheuses qui les attendaient. Je pris la direction de la cuisine, et me servit un verre de vin rouge. Un grand cru, tanin doux et fort à la fois. Pas assez pour qu'un seul verre me face tourner. J'avais faim, mon ventre me le prouva en gargouillant violemment. J’ouvris donc le frigo, prête à manger alors qu'il était deux heures du matin. Tant pis, je ferais du sport demain. J'avais donc le ventre qui gargouillait, mais il était comme d’habitude… vide. Le garde manger me toisait de haut, mon imagination me jouait des tours. Le manque de sommeil ne me réussisait pas.. Quand est ce que j’allais me décider à faire de vraies courses ? Jamais sans doute. Du moins pas temps que je n'aurai pas de petit ami digne de se nom. Je m'habillais donc prête à sortir. Malgré l'heure tardive, je devais être présentable. Pas autant qu'à mon habitude, mais jolie quand même. Quoi que, même vêtue d'un sac en plastique je restai éblouissante. Je vêtus un jean taille basse (une grande première même s'il me fessait un cul d'enfer), et un tee shirt me couvrant une épaule sur deux, découper en de large bande grises et blanches. Plutôt pas mal, surtout pour le prix. Juste un zeste de mascara, une légère touche de fard à paupière, et un trait de crayon plus tard, j'étais prête à partir. Mais je restai un peux plus longtemps qu'à mon habitude devant mon reflet. Pour la première fois, une moue apparue sur mon visage, fessant apparaitre une petite ride soucieuse entre mes yeux. Je n'étais pas contente. J'avais déjà des cernes, et je n'arriverai pas à me rendormir de sitôt. C'était pitoyable. Je sortis la crème fond de teint et appliquai une bonne couche sur mon visage parfait, masquant tout ses stigmates. J'étais beaucoup mieux, présentable enfin, tant mieux. Même s'il était tard, les gens que j'allais croisé pouvait être des connaissances, et une seule personne suffisait. Sortant de la salle de bain, je chaussai mes bottes à talons haut, il fessait encore frais, surtout à cette heure et s'il y avait bien une chose que je détestai c'était geler. Une veste en laine entièrement doubler de fourrure couvrit mes épaules nues, et je mis les clés de mon appart dans mon Vitton. Je n'allais pas prendre un taxi, je ne savais même pas où aller. J'avais faim mais les restos et magasins à cette heure étaient fermés. Dommage. Boite de nuit ? Pas assez maquiller et habiller trop soft.

Un Hot Dog ! Voila la bonne idée, c'était ouvert la nuit. Je pris donc la direction, longeant les rives de la Tamise, sentant la morsure du froid. L'eau s'écoulait paisiblement, boueuse. Big Ben lançait la pointe du toit dans la direction du ciel, et transperçait les nuages. Le symbole de la capitale anglaise me rendait nostalgique. Pensant à mes parents, et ma petite sœur, j'arrivais. Quelqu'un était devant moi, racontant sa vie. J'attendais, frotant mes bras contre mon corps pour me réchauffer. Un homme, une quarantaine d'année sans doute. Sa tête me dissait quelque chose, j'étais sur de l'avoir déjà vu quelque part, mais où ? Je n'ouvris pas la bouche pendant qu'il parlait d'un rêve qu'il avait fait, 26 chiens. Sans doute mon bon monsieur, mais c'est pas tout, j'ai faim moi ! Un petit sourire étira mes lèvres plaines, et j'attendis mon tour.
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MessageSujet: Re: [pv] 26 chiens   Mer 7 Mar - 13:56

« ...Se portent devant moi, rugissant comme une même bête, 26 chiens et leur gueule d’assassin. Ils sont là, plantés, et ils aboient. Pas 28, pas 30. Ils sont 26. Et je me réveille. »

L'homme le regardait, dans la déroute, ses yeux se promenant à un carrefour où on hésitait. Peut-être avait-ce été le ton de Thomas, qui l'avait perturbé, voire encore les mots. Des gens naissent en se contentant d'être beaux. D'autres sont des têtes et Thomas savait qu'il en était une. Parfois, il se disait qu'être bête, ç'aurait été mieux. C'aurait été moins fatigant, ç'aurait été de ne plus avoir de responsabilités. Sauf qu'être bête, c'est dangereux et surtout : un idiot ne connait pas la chance qu'il a.
Thomas soupira, il faisait nuit et dans deux heures, l'aube se pointerait. Il était fatigué, il ne voulait pas attendre. En un mouvement d'humeur, il râla sans hausser le ton :

« Bon, vous me le faites ce sandwich ? »

Le trentenaire s'agita comme un poisson rouge dans son bocal après qu'on ait frappé dedans. Il alluma le grill. A cette heure, il ne s'attendait pas à voir des clients, naturellement il l'avait éteind. Si on comptait la bêtise de l'homme ajoutée au temps de cuisson, ils en avaient pour 10 à 15 minutes. Thomas ferma les yeux, tentant de se raisonner. Il jeta un second regard à la jeune femme, plus long cette fois, mais il resta bref. Elle avait le visage de ces femmes qui paraissent en grand sur les affiches. Ces femmes auxquelles tous les thons et même les sardines voulaient ressemblaient. Thomas trouvait qu'elles se ressemblaient toutes. Il savait que les photos étaient retouchées, il avait quand même travaillé dans le journalisme et tout ce qui tourne autour.

« Je me dépèche ! Je me dépèche ! »

Thomas revint sur le trentenaire en dardant ses yeux bleus dans ceux idiots de l'homme. Il dit simplement, ironique :

« Oh vous inquiétez pas, on a la nuit devant nous. »

A quoi le trentenaire répondit un jouissif "Tant mieux". Thomas haussa ses sourcils, surpris. Il n'avait pu perçu l'irritation évidente dans sa voix ? Il se retourna et marcha quelque pas pour tromper son agacement. Il murmura, une buée s'échappant de ses lèvres. Le marchand n'entendra pas, la femme peut-être. Mais ça, c'était pas son problème, il doutait fortement que ce sera elle qui le contredira :

« Quel con. »

Il releva la tête et affronta la lune, plutôt que les pointes de ses chaussures. Il faisait froid.

« Je pensais pas vous voir ! Vous deux ! En même temps ! M'sieur, vous l'avez pris sous votre aile, avec vous comme aide, elle crèvera les projecteurs ! »

Thomas, sur le coup, ne réagit pas. Puis peu à peu il blêmit. Un idiot pareil ? Ce n'est pas logique. Tom n'écrivait que pour les journaux politiques. Il n'était passé que très très rarement à la télé, on pouvait compter ses apparitions sur les doigts de la main. Peut-être l'a-t-on reconnu à sa voix ? C'est possible, il avait été présent sur les ondes aussi... mais ce n'est pas logique : cette femme, à supposer qu'elle travaille dans le même milieu que, ce n'aurait pas été dans la même branche. Elle serait plus dans la filière "mode", pas politique et culturel comme lui. Il n'y a aucune raison qu'on fasse le lien entre les deux, pourquoi l'homme les mettait dans le même sac ?

Tom comprit : c'est vrai qu'il était bête.

« 'Tain je suis refait là, je peux avoir une photo ? Franchement, ça me tue... »

Tom envoya dans la volée, saracastique :

« Pourquoi t'es encore debout alors ? »

C'était à cause de ça que les gens connaissaient Tom : à cause de son acidité verbale. Il s'était démarqué par des phrases dures et nettes, loin du véritable homme qu'il était. Mais ça, bien sûr, on pouvait pas le savoir.
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MessageSujet: Re: [pv] 26 chiens   Dim 11 Mar - 10:57

L’homme qui se trouvait devant moi raconta son rêve, pendant que l’autre idiot le regardait sans le voir. Je soupirai, à unisson avec la personne qui attendait comme moi que le trentenaire nous prépare un hot dog. Je laissai mes prunelles étincelantes fixées les étoiles, tellement belles. La lune n’allait pas tarder à être pleine. Dans quelques jours, elle baignera Londres dans une lueur fantomatique. Mélanger au brouillard qui envahissait souvent la capitale, se serait le moment idéal pour tourner des films sur Jack l'éventreur. Je n’aimais pas être seule lorsque les rues devenaient de vrais plateaux d’horreur. Mon imagination fertile imaginait très facilement mon sang éclaboussant les murs de pierres. J’eu un frisson, mélange du froid et de se que je pensais.

« Bon, vous me le faites ce sandwich ? »


Il avait exprimé en sept mots se que je n’allais pas tarder à sortir. C’était à cette heure de la nuit, de l’aube plutôt que la température était la plus froide. Et bien qu’emmitoufler dans une veste toute doublée de fourrure, je gelais sur place. Je n’allais pas tarder à me transformer en glaçon. L’imbécile s’activa, rallumant le grill qui s’était éteint depuis longtemps. Deux clients à cette heure, il ne devait pas penser cela possible.

« Je me dépèche ! Je me dépèche ! »

Je poussai un profond soupire, j’avais envie d’aller me recoucher, et si mon estomac ne me rappelait pas que je mourrai de faim, j’aurais déjà déserté. Les deux personnes devant moi étaient en pleine discussion lorsque j’étais arrivée, et j’avais interrompu tout cela.

« Oh vous inquiétez pas, on a la nuit devant nous. »
"Tant mieux".

Il n’avait pas perçu l’ironie qui suintait de la voix de celui qui me fessait penser à quelqu’un que j’avais déjà vu dans un magasine. Etait-il donc vraiment aussi idiot que se qu’il laissait paraitre ?

« Quel con. »

J’eu un petit sourire en coin, totalement d’accord. Pourtant je sentais les yeux du marchand planter sur moi. Fronçant les sourcils, je le regardai, et une lueur illumina ses prunelles d’un marron boueux. Il fixa successivement l’autre client et moi avant de dire d’une voix enjouer :

« Je pensais pas vous voir ! Vous deux ! En même temps ! M'sieur, vous l'avez pris sous votre aile, avec vous comme aide, elle crèvera les projecteurs ! »

Je restai muette de stupeur pendant que l’autre palissait. J’avais perdue le fil de la discutions depuis longtemps, n’écoutant qu’à moitié se qu’il se racontait. Et je ne comprenais plus rien. Qui était l’homme à mes côtés pour qu’un bête vendeur le reconnaisse et pense qu’il m’avait prit sous son aile. Je comprenais que moi, il m’est reconnu pour avoir vu mon visage en grand sur des affiches de pub, et pour les nombreuses unes que j’avais fais dans les magasines people, mais l’autre….

« 'Tain je suis refait là, je peux avoir une photo ? Franchement, ça me tue... »


« Pourquoi t'es encore debout alors ? »

Je suivais l’échange, interloquée. Prennant la parole pour la première fois depuis que j’étais arrivée ici, je demanda :

« -Euh, je ne suis pas sur de tout comprendre ! Qui êtes vous pour que l’on croit que vous m’avez prit sous votre aile ?"

J’avais beau être blonde et belle, je n’étais pas stupide. J’avais de nombreux défaut, mais l’idiotie n’en fessait pas partie. J’avais eu mon bac avec mention, avait commencer des études de cinéma à l’une des facs les plus réputer avant de laisser tomber pour me consacrer à mon ex-fiancer. J’avouais que l’on pouvait croire que je n’étais qu’une belle gueule sans cerveaux, et que je le fessais parfois croire, mais j’avais de l’esprit. Pourtant, je ne comprenais rien. Puis soudain l’endroit où j’avais vu le visage de l’homme qui me fessait face me revient. Un journal politique… Thomas Williams. Les prunelles écarquillées, je le fixais sans comprendre. Quelqu’un allait se décider à m’expliquer ?
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MessageSujet: Re: [pv] 26 chiens   Ven 23 Mar - 12:46

Thomas d'ordinaire, n'était pas du genre à pleurer. Cela peut paraitre étrange, on n'y croirait pas, mais c'est vrai. Son arrivée à Londres alors que New York le suivait toujours avait été particulièrement éreintant et la fatigue mettait à rude épreuve ses pauvres nerfs. Ce soir, plus que jamais. Il avait envie de pleurer. Le marchand était débile, un de ses uniques neurones en avait rencontré un autre et il l'avait reconnu ; mais qui sait combien de temps leur faudra-t-il, à ces neurones, pour se rencontrer encore une fois ? Dans le vide immense que semble enfermer sa boite cranienne ?
Il soupira, il était fatigué, il avait envie de pleurer.

Le modèle près de lui ouvrit de grands yeux surpris. Lui, haussa ses sourcils, exaspéré. Il surveilla le grill, mieux que le trentenaire sûrement : il commençait à peine à chauffer en grésillant. Le silence s'abatit longtemps sur les trois personnes. Le regard coupant de Thomas, et les dorures glacés du visage du mannequin, devaient nettement faire comprendre au jeune qu'il venait de commettre une erreur. Une lourde.

La ligne parfaite du vide auditif fut brisé par Lydia :

« Euh, je ne suis pas sûre de tout comprendre ! Qui êtes-vous pour que l’on croit que vous m’avez prise sous votre aile ? »

Il répondit, du tac au tac :

« Le grand méchant loup. »

Il n'avait pas forcément la carrure. Il était petit, pour un homme du moins, il était petit. Il avait une bouille ronde et quand il souriait, il était charmant. Sa fine moustache, comme dessiné au crayon, était celle d'un homme soigné et pas celle d'un monstre. Il ne savait pas se battre, mais semblait costaud, sous son long manteau noir (il dissimulait merveilleusement bien son léger embonpoint). Non vraiment, Thomas n'avait pas le physique d'un homme dangereux. Il ne l'était pas, de toute façon. Mais il pouvait être redoutable.

Il n'était pas d'humeur ce soir, il venait de rêver, ça l'a perturbé. Il ne lui reste plus qu'une petite poignée d'heures avant d'avoir à prendre la route du boulot. Et il était terriblement fatigué. Pourtant, il le savait, il ne réussirait pas à se rendormir de la nuit. Il grogna une réponse plus sérieuse :

« Rien, je suis personne. »

Il aimerait l'être, du moins. Être quelqu'un l'avait fait souffrir, encore plus quand cela avait été pour quelqu'un.
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