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 Planisphere ▲ Hope

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MessageSujet: Planisphere ▲ Hope   Jeu 29 Mar - 16:06





Je suis en face de cet immeuble, sur son toit avec ses néons qui brillent et qui me fascine. J’avale ses pilules sur pilules ne sachant même plus à quoi elles correspondent. Tout ce que je sais c’est qu’elles m’emmèneront loin de la terre pour quelques temps, malheureusement ce n’est pas assez fort pour faire taire, les cris de raisons qui me pousse à élimer tous les sentiments qui sont sur mon passage. Les images tremblent dans ma tête, je suis enfin ailleurs. La lumière s’étale dans mes pupilles comme des rayons de soleil. Je sens mon sang se perdre mes veines dans un totale silence. Tout s’éteint et se ravive rapidement. Les hémoglobines se stoppent et brulent mes artères. Les sons, les lumières tout ce confond. J’existe à travers ce corps qui disparait comme une bulle d’oxygène qui traverse la stratosphère de tous les songes. Je m’allonge sous le ciel étoilé de Tokyo une ville qui ne dort jamais. Je ne suis pas, personne n’est plus et les connards qui battent, viole, défonce des crânes n’existe plus. L’argent, je ne connais même pas son existence. Je suis dans mon paradis artificiel qui s’échinera dans quelques heures. Je ne sais plus qui je suis. J’avance, passe la rambarde l’air se meurt dans mes poumons et réellement ?

Je saute. Je laisse la chute m’emporter pendant quelques millièmes de seconds. Puis je me réveille en sursaut, je ne suis pas tombé juste endormis. Début de journée mal commencé, mes paupières sont alourdit par les insomnies qui créent une montagne d’illusion. Les vides se dessinent en moi d’une façon que je ne saisis pas, l’usure écartèle mes pensées. Né dans une guerre, je m’arme lentement. On finit par se rendre compte qu’on ne redresse pas ce qui n’est pas droit. Je n’ai jamais eu la prétention de paraitre quelqu’un vivant une vie saine. Endormit dans un endroit inconnus, je prends mes affaires et je pars de cette appartement de Camden. Je m’enfonce dans le reflet de la routine humaine, celle du métro, de l’underground londonien. Les néons réfléchissent les teints blêmes, je n’y fais plus attention. Les stations défilent devant mes iris, je mets mes écouteurs et le monde n’existe plus, encore. Je me rends vers le théâtre d’une université ou une jeune couturière m’attend pour préparer des costumes pour des shoots personnels. C’est la sœur d’un ami, elle est douée alors j’entre en me posant au fond de la salle. Différente personnes sont en répétition, une jeune fille est sur cette scène récitant son texte. Les gestes parlent pour elle et puis je baisse le son, pour l’entendre.


Le théâtre, c’est un peu une sorte de vie qui faut savoir jouer. J’aime transformer mes photographies en pièces de théâtre fixe, que le spectateur imagine lui-même l’histoire conté. J’observe le jeu de la jeune fille, bien étudier il parait naturel. L’effet voulut est transmis. Quelques instants plus tard, j’entre dans les loges en saluant la sœur de mon ami, on discute de ce que je souhaite, de ce qu’elle dispose et ensuite elle m’abandonne un peu car elle a du travail. Elle me dit que je peux l’attendre dans les loges si je veux bien, j’accepte. L’actrice troublante ayant joué sur la scène quelque temps auparavant est installé près de moi. Mes premiers instincts sont ceux de l’observer pour comprendre si elle joue naturellement ou si c’est un talent et puis mes lippes s’entre-ouvre « Tu joues très bien »
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MessageSujet: Re: Planisphere ▲ Hope   Lun 2 Avr - 22:02

« Les départs qui déchirent le cœur. », dit Rimbaud. C’était comme ça que tout commençait. L’action prenait place dans une gare, lieu des « Au revoir » et des adieux. Les couples, les hommes pressées, les femmes avec leurs enfants passent et repassent dans le hall d’entrée. Certains se croisent, s’interpellent, alors que d’autres marchaient sans s’arrêter. Il n’y avait pas vraiment d’histoire qui reliait tous ces personnages. Leur point commun, c’était qu’ils étaient tous dans une gare. Je n’apparaissais qu’une seule et unique fois dans toute la pièce, mais je devais émouvoir toute l’assemblée avec ma prestation. L’histoire d’un jeune couple, l’homme doit partir à l’armée, la jeune femme est perdue, déboussolée sans l’homme qu’elle aime. Mais au final, il reste par amour pour elle et devient un déserteur, au péril de sa vie.

Je devais rentrer sur scène en pleurant. Pleurer sur commande, je n’y étais jamais parvenue. Il me fallait toujours cinq à dix minutes de préparation pour me remémorer les moments les plus dures de ma vie. Être actrice, ce n’était pas tous les jours faciles. Je me remémorais à chaque fois des souvenirs différents. Aujourd’hui, je me rendais compte que j’avais déjà vécu le même genre d’histoire. Sauf que, mon soldat à moi, il n’avait pas déserté, non, il avait préféré partir pour sa carrière. Sa carrière de musicien parce qu’une maison de disques avait découvert son groupe. Il voulait devenir célèbre et pour ça, il devait s’en aller, là où tout était toujours plus grand, trop grand, les Etats-Unis. Il avait dû tout lâcher, moi comprise, pour aller vivre une autre vie. C’était le premier, le premier que j’avais réellement aimé. Les larmes me montèrent aux yeux, ma gorge se serrait. Je détestais pleurer, me dévoiler, faible et fragile, devant la terre entière. J’ai toujours préféré présenter la jeune fille maladroite, drôle, forte et indépendante. Ce que je n’étais pas toujours, en vérité.

Mon compagnon rentra sur scène. Je suivais mon soldat, trainante avec la tête baissée. Il s’arrêta, faisant mine de regarder un panneau d’affichage imaginaire. « Comment je vais faire sans toi ? » Une larme roula sur ma joue. Ca me rappelait le jour où Daniel m’avait annoncé la nouvelle ; il s’en allait le soir même, il me laissait lamentablement tomber, le jour de mon anniversaire. Mon estomac se nouait, ma voix était tellement aigue, emportée par l’émotion. Je me sentais mal, tellement mal. Je perdais mes moyens. Même si la situation n’était pas la même, même si ces paroles n’étaient pas réellement les miennes, je ressentais les mêmes sentiments que quatre ans plus tôt. Les plaies n’avaient pas cicatrisés, elles étaient même béantes. Elles formaient un énorme trou. Un énorme trou, un gouffre, à la place du cœur. C’était sans doute comme ça que je jouais le mieux, en me calquant à la réalité.

C’était la fin, mon soldat me prenait dans ses bras et nous quittions la gare, heureux et amoureux. Une fois sortie de scène, je repris mes esprits. Je séchais mes larmes d’un revers de la main. Ma peine ? Totalement oubliée. Ou presque, du moins, c’était ce dont j’essayais de me convaincre. Je rejoignais le reste de la troupe sur l’estrade en bois. « C’était parfait. Une demi-heure de pause pour tout le monde ! On recommencera avec l’histoire des clochards après ! » Je me dirigeais vers les loges et m’assis devant un miroir. Le mascara avait eu l’effet voulu, il avait coulé, traçant des longues lignes noires sur mes joues rosies. Il ne manquait plus qu’un nez rouge et un cirque pouvait me recruter.

J’essayais de me débarbouiller le visage en pensant à quel passage triste de ma vie je pourrais utiliser pour la grande représentation. Il me semblait que le souvenir de Daniel ait été le plus frappant, le plus fort de tous. Mais ça me faisait du mal, d’y repenser. Il fallait que je choisisse entre me faire du mal et faire une belle interprétation. Carrière ou bien-être personnel ? « Tu joues très bien. » Je tournais la tête vers la gauche. Un gars étrange, tatoué de partout, se tenait près de moi. Je n’avais même pas remarqué sa présence. Je lui fis un sourire poli. « Merci. » fut tous ce que j’avais à lui répondre. J’aurais sans doute dû retourner à mon débarbouillage, mais son visage me semblait familier, mais je ne savais pas où je l’avais déjà vu. Je le dévisageais, observais chacun des traits de son visage. Un gars tatoué sur le front, ça ne s’oubliait pas. Où l’avais-je déjà vu ? Je restais là, comme une idiote, à le fixer sans discrétion, oubliant totalement les règles de politesse.
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